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Claude Bartolone: le FN "n'est pas un parti comme les autres"

Claude Bartolone, le président PS de l'Assemblée, sur le plateau de BFMTv-RMC le 29 janvier 2015.

Claude Bartolone, le président PS de l'Assemblée, sur le plateau de BFMTv-RMC le 29 janvier 2015. - BFMTV

Le président PS de l'Assemblée nationale était l'invité de BFMTV-RMC, jeudi matin. Il est notamment revenu sur son absence remarquée lors de la remise des prix du Trombinoscope, pour protester contre la présence du Front national. Ce qu'il fallait retenir de son interview.

Mardi soir, il avait boycotté la cérémonie de de la remise des prix du Trombinoscope, pour protester contre la présence du Front national. Jeudi matin, le président PS de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, s'est expliqué sur sa décision. "Le matin même, j'accompagnais le président au mémorial de la Shoah, avec les survivants d'Auschwitz. Et je me voyais mal, le soir, partager un verre avec le parti dont le président d'honneur (Jean-Marie Le Pen, ndlr) a estimé que les chambre à gaz étaient un point de détail de l'histoire. Je ne partage pas le verre de l'amitié avec tout le monde", a expliqué Claude Bartolone sur BFMTV-RMC. Car pour lui, le FN "n'est pas un parti comme les autres. Eux-mêmes le démontrent. S'ils étaient un parti républicain, ils n'auraient pas attendu un carton d'invitation pour participer au rassemblement du 11 janvier."

"Faire attention quand un enfant de 8 ans tient ces propos"

Un peu plus tôt, Claude Bartolone avait été interrogé sur son sentiment concernant l'audition d'un enfant de huit ans au commissariat pour "apologie de terrorisme", à Nice. "Je ne sais pas exactement ce qu"il s'est passé. Il y avait la volonté de mettre l'enfant sous la protection des services de l'Etat", a-t-il défendu. "Il faut faire attention quand un enfant de huit ans tient ce genre de propos", a-t-il encore souligné, jugeant qu'il était nécessaire de montrer de la fermeté vis-à-vis de la famille.

Les "zones grises" de l'IRFM

Puis, interrogé sur la polémique concernant des députés étant devenus propriétaires en finançant leur achat par leur indemnité de frais de mandat (IRFM dotée de 5.770 euros par mois), Claude Bartolone a défendu la politique de transparence menée depuis deux ans par le gouvernement, promettant qu'aucun député ne pourra pas augmenter son patrimoine avec l'argent de l'IRFM. Toutefois, le président de l'Assemblée nationale a souligné le flou qui existait en France concernant cette indemnité. "Ce n'est pas un détournement, c'est une faiblesse de notre pays de n'avoir jamais abordé de front les moyens de notre Parlement. D'où ces zones grises", a-t-il tempéré, défendant l'honnêteté des élus.

"Mes députés de droite et gauche sont honnêtes, a-t-il plaidé, s'agaçant que le travail des parlementaire n'était pas assez bien considéré. "On est dans une situation où les gens pensent qu'un député devrait travailler gratuitement. Non, il faut un certain nombre de dépenses (pour exercer). Les parlementaires ne doivent pas être privilégiés mais ils doivent être respectés", a-t-il lancé. Pour en finir avec les polémiques et regagner la confiance des Français, les députés français ne pourraient-ils pas suivre le modèle anglais, où chaque parlementaire doit apporter les justificatifs de ses dépenses, qui sont ensuite passées au crible? "Il faudrait embaucher une centaine de personnes pour tout vérifier", a jugé Claude Bartolone, écartant cette possibilité.

Sandrine Cochard