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Trombinoscope: les menaces de Marion Maréchal-Le Pen contre Gilles Leclerc

Marion Maréchal-Le Pen a menacé, sous l'œil d'une caméra du "Petit Journal", le patron de Public Sénat.

Marion Maréchal-Le Pen a menacé, sous l'œil d'une caméra du "Petit Journal", le patron de Public Sénat. - Capture Petit Journal

Le président de Public Sénat, Gilles Leclerc, était chargé de remettre le prix de l'élu local de l'année du Trombinoscope au maire frontiste Steeve Briois. Après un discours critique, Gilles Leclerc a refusé de remettre le prix de ses mains au lauréat. Ce qui n'a pas du tout plu aux élus FN, qui se sont empressés de le lui faire savoir.

Il flottait, sous les dorures de l'Hôtel de Lassay, un léger malaise mardi soir, lors de la cérémonie de remise des prix du Trombinoscope, un moment pourtant traditionnellement festif. En cause, la récompense accordée au maire FN d'Hénin-Beaumont Steeve Briois, désigné "élu local de l'année".

Cérémonie boycottée par son hôte

Une première pour le Front national, qui n'avait jamais eu l'occasion de recevoir de prix dans la résidence officielle du président de l'Assemblée nationale. Claude Bartolone lui-même a boycotté mardi soir la cérémonie, précisément pour protester contre cette récompense décernée au parti d'extrême droite.

Le Scan détaille par le menu "l'ambiance pesante" de la soirée, où Manuel Valls, Emmanuel Macron et Ségolène Royal, pourtant tous lauréats, ne se sont pas présentés, prétextant leur indisponibilité. Le moment le plus gênant a, sans aucun doute, été la remise du prix au vice-président du parti de Marine Le Pen.

Leclerc pas "volontaire"

Et c'est le journaliste Gilles Leclerc, président de Public Sénat, qui a dû s'y coller. Son discours, filmé par Le Petit Journal de Canal+ et repéré par Le Lab, est sans ambiguïté:

"Je vais être tout à fait honnête, je n'étais pas forcément spécialement volontaire pour cet exercice un peu spécial", s'est justifié Gilles Leclerc. "Il ne s'agit pas, à proprement parler, d'une véritable récompense. [...] Aujourd'hui maire, donc, député européen - tiens j'oubliais d'ailleurs qu'au Front national on n'était pas forcément contre le cumul. [...] C'est vrai que vous avez sans doute en mémoire les bilans pas très fameux, vous en conviendrez, de vos collègues élus en 1995".

Leclerc refuse de remettre le prix de ses mains

Après son discours, Gilles Leclerc a quitté l'estrade avant que Steeve Briois ne le rejoigne, raconte encore Le Scan, refusant de lui remettre le prix de ses mains. Ce qui n'a pas, mais alors pas du tout plu aux élus FN, filmés par Le Petit Journal:

"Moi, à la place de Briois, je vous l'aurais rendu, le prix!", lance Gilbert Collard à Gilles Leclerc. Avant de se faire plus menaçant: "Quand on le relira votre discours dans 10 ans... Je vous plains".

Maréchal-Le Pen: "Ca va vraiment vous faire mal!"

Mais le plus gros scud est venu de Marion Maréchal-Le Pen:

"Franchement, c'est minable. Je suis regonflée à bloc!", lui dit-elle, d'une colère blanche, dissimulée sous un large sourire. "Mais on va vous avoir... Mais quand ça va arriver, ça va vraiment vous faire mal! Vraiment, merci. Parce qu'on a des petits coups de mou et quand on a ça, on est motivés ! Vraiment. Vraiment."

Pour finir, Le Petit Journal attrape discrètement des bribes de conversations entre les élus FN, qui laissent éclater, cette fois-ci, leur colère. "Ah Steeve, chapeau bas! A sa place Gilbert, je lui aurais cassé le truc sur la tête", s'emporte Stéphane Ravier, sénateur FN des Bouches-du-Rhône et maire du 7e arrondissement de Marseille.

Caroline PIQUET