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Nicolas Sarkozy ressort son costume d'ancien chef d'Etat

Nicolas Sarkozy, le 25 novembre 2015, lors d'un meeting en banlieue de Strasbourg.

Nicolas Sarkozy, le 25 novembre 2015, lors d'un meeting en banlieue de Strasbourg. - Patrick Hertzog - AFP

Pour reprendre la main alors que le FN profite d'une dynamique dans les sondages et que la gauche est unie derrière l'exécutif, Nicolas Sarlozy a décidé de ressortir son costume d'ancien chef d'Etat pour s'adresser à tous les Français.

Nicolas Sarkozy repart en campagne. Mercredi soir, le président des Républicains a tenu son premier meeting post-attentats en banlieue de Strasbourg, à Schiltigheim, à quelques semaines du premier tour des élections régionales. Dès le début du discours, il s'est montré très offensif.

Son entourage avait annoncé "un discours fort, solennel, d'ancien président qui s'adresse à tous les Français". Et pour le symbole, le logo LR avait été retiré du pupitre. Le discours n'avait effectivement rien à voir avec un meeting de campagne pour soutenir les candidats aux élections régionales.

"Quiconque chercherait à instrumentaliser à des fins électorales la terrible menace qui pèse sur notre pays ne serait pas digne de la confiance des Français. Mais le silence non plus ne serait pas digne quand l'intérêt général exige que l'on parle. Nous avons déjà trop attendu pour mettre en place l'état d'urgence, pour donner aux forces de l'ordre les moyens de démanteler les trafics d'armes de guerre, et pour entraver la circulation des terroristes. Les attentats de janvier auraient du nous conduire à agir plus tôt", s'est-il indigné.

"La réponse au terrorisme est d'abord sécuritaire et le gouvernement de ce point de vue s'est engagé dans la bonne direction. Mais s'en contenter serait une grave erreur car dans ce combat, nos faiblesses ne sont pas que sécuritaires. Il y a tant de domaines où la République a trop reculé", a-t-il mis en garde, exhortant les Français à "ne plus attendre". 

Taclé par Bartolone et Cambadélis

Un "temps perdu" déjà dénoncé dans les colonnes du Monde, mercredi. "Il aurait fallu renforcer plus tôt notre dispositif antiterroriste". Des propos qui lui ont valu les critiques acerbes du président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, qui l'a jugé "à côté de la plaque".

"Quand on est le responsable politique qui a supprimé 13.000 postes de policiers et de gendarmes, la moindre des choses que l'on peut faire dans la situation que l'on connaît aujourd'hui c'est de se taire", a estimé mercredi Claude Bartolone dans l'émission "Questions d'Info" LCP-France Info-Le Monde-AFP. "Les propositions qu'il met sur la table aujourd'hui ont été fragilisées par la politique qu'il a eu l'occasion de mener".

Nicolas Sarkozy a notamment déclaré que "dans les circonstances actuelles", "il ne serait pas digne" de la part du gouvernement et de la majorité "de chercher à tendre à l'opposition des pièges politiques". "L'union nationale, ce n'est pas un piège politique, c'est une nécessité pour combattre Daesh", a réagi jeudi Jean-Christophe Cambadélis sur iTÉLÉ.

A. G.