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Législative partielle dans le Pas-de-Calais: Retailleau "refuse" de choisir entre LaREM et le RN

Bruno Retailleau lors d'un rassemblement LR à La Baule en août 2020

Bruno Retailleau lors d'un rassemblement LR à La Baule en août 2020 - Loic VENANCE © 2019 AFP

Invité d'Europe 1, le président du groupe LR au Sénat a qualifié le parti de Marine Le Pen de "démagogue" mais continue de refuser le "choix binaire" entre LaREM et le RN.

La question allait nécessairement lui être posée. Tenant d'une droite dure et conservatrice, Bruno Retailleau a été interrogé ce mardi matin sur Europe 1 au sujet des propos tenus par Guillaume Peltier dimanche sur RTL. Notamment la proximité qu'a revendiquée le vice-président de LR avec Robert Ménard et ses idées. Ce à quoi le président du groupe Les Républicains au Sénat a réagi en refusant tout "choix binaire" entre La République en marche et le Rassemblement national.

Pour Bruno Retailleau, le RN est "un parti démagogue". "Je n'ai pas à me situer par rapport eux. (...) Dans la vie, il n'y a pas que deux façons de voir le monde, en noir ou en blanc. (...) Je refuse le duel, cette espèce de démocratie atrophiée", a-t-il insisté.

Ni-ni

Un duel entre LaREM et RN, il y en a justement un qui est prévu dimanche prochain dans le Pas-de-Calais. Le premier tour de la législative partielle dans la sixième circonscription a vu la ministre Brigitte Bourguignon émerger en tête avec 34,95% des suffrages, devant la candidate du RN, Marie-Christine Bourgeois, qui en a obtenu 24,02%. Un casse-tête pour la droite, partagée entre ceux qui entendent préserver une digue étanche avec le parti à la flamme et ceux qui veulent éviter de se fondre dans le bloc macroniste. Bruno Retailleau est plutôt de ce second bord.

"Je n'appellerai ni à voter pour le RN et je n'appellerai pas non plus à voter pour ceux qui font monter le Rassemblement national", a-t-il déclaré, rappelant que Nicolas Sarkozy avait fait adopter à LR un positionnement similaire lors des régionales de 2015.

"Ayons confiance en nous-mêmes"

Le sénateur de la Vendée, lui, s'agace que la droite soit encore questionnée sur "cette histoire de digue". "La droite s'est complexée parce qu'elle n'osait plus répondre aux journalistes sur l'immigration, sur la sécurité, on a baissé le ton, on a courbé l'échine, on a rasé les murs et on s'est mis sous la table, et on a perdu nos électeurs", juge Bruno Retailleau.

Assurément, le chef de file de la droite sénatoriale jure ne pas dresser d'équivalence entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. "Ce que je dis c'est (...) ayons confiance en nous-mêmes, soyons ce que nous sommes avec notre identité politique et ne cédons rien", exhorte-t-il.

"Je ne veux pas ce président du désordre et je ne veux pas l'à-peu-près, la démagogie de madame Le Pen", a ajouté Bruno Retailleau, qui entend toujours se présenter à une primaire de la droite en vue de la présidentielle de 2022.

La tenue de cette primaire dépendra beaucoup de la situation sondagière de Xavier Bertrand, qui demeure pour l'instant favori au sein de son camp. Le président sortant de la région des Hauts-de-France s'est d'ailleurs exprimé au sujet de la législative partielle. Sans "aucune hésitation", il a appelé sur Twitter à faire "barrage au RN".

Jules Pecnard Journaliste BFMTV