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Le Maire: "La France ce n'est pas une race"

Bruno Le Maire, député Les Républicains de l'Eure et ancien ministre de l'Agriculture, était lundi matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et sur RMC.

Invité lundi matin sur BFMTV et RMC, Bruno Le Maire a d'abord réagi au vote des Catalans pour l'indépendance en nombre de siège. Le député Les Républicains souhaite qu'en France "on se batte pour préserver la nation française, qu'il juge "menacée dans son unité par la montée du communautarisme (...) qui ronge notre société".

Le député Les Républicains cite l'exemple de son déplacement à Montereau, en Seine-et-Marne, où au cours d'une réunion, des "salafistes ont tenu à défendre absolument l'ouverture différenciée des piscines entre les hommes et les femmes". "En France, ce sont les religions qui se soumettent à l'Etat, ce n'est pas l'Etat qui se soumet aux religions". Bruno Le Maire appelle à la "réaffirmation de notre culture. (...) Notre culture c'est la langue française. Si vous voulez gardez une nation unie, il faut que chaque Français parle correctement le français".

"Il y a une exaspération"

Comment expliquer la popularité de Marine Le Pen? "Quand on laisse le communautarisme gagner sur la république, il y a une exaspération, elle est légitime, je la partage. (...) Notre rôle ce n'est pas de jeter de l'huile sur le feu. Le bon combat, c'est le combat pour la nation française. La laïcité, on ne négocie pas. L'égalité hommes-femmes, on ne négocie pas".

Nadine Morano parle de la France comme d'"un pays de race blanche". Bruno Le Maire, lui, n'est pas d'accord. "La France ce n'est pas une race, la France ce n'est pas une religion, pas une couleur de peau. La France, c'est une idée, c'est des principes".

Bruno Le Maire juge que "la loi n'est plus appliquée", et prend pour exemple la question des réfugiés. "Nous ne pourrons accueillir les immigrés en situation légale, les intégrer que si tous les immigrés en situation illégale sont effectivement expulsés". Or, affirme Bruno Le Maire, l'"Etat de droit ne sait plus faire respecter cette règle".

"Qu'Emmanuel Macron démissionne"

Le député redit son soutien à Valérie Pécresse pour la bataille des régionales, et son opposition au cumul des mandats... au contraire de Nicolas Sarkozy. "C'est dépassé", juge-t-il. "Non seulement il faut en finir, mais en plus il faut limiter le nombre de mandats dans le temps, pas plus de 3 mandats de députés ou de sénateurs (...). Il faut obliger tous les hauts fonctionnaires qui veulent faire de la politique à démissionner de la fonction publique".

Bruno Le Maire s'adresse à Emmanuel Macron: "Qu'il démissionne de la haute fonction publique, puisqu'il est engagé en politique. Qu'il mette en accord ses paroles et ses actes (...) car un haut fonctionnaire, s'il veut garder son indépendance, ne doit pas faire de politique, et s'il en fait, il démissionne".

Pas d'alliance avec le PS contre le FN

Entre les deux tours des régionales, Bruno Le Maire ne veut "pas d'alliance entre le PS et Les Républicains" pour faire barrage au FN, car cela "fait le jeu du Front national", juge-t-il. En particulier, il ne "souhaite pas de retrait" du candidat Les Républicains s'il arrive en 3e position. "Si on veut faire barrage au Front national, il n'y a qu'à être meilleur que le Front national".

"Totalement surréaliste!" Bruno Le Maire réagit vivement aux préconisations de Nicolas Sarkozy en faveur d'un projet commun, pour les candidats à la primaire à la présidentielle chez les Républicains. "Si la primaire consiste à organiser un concours de beauté avec un programme qui est le même pour chacun, il n'y a pas de primaire". L'ancien ministre de l'Agriculture reste évasif quant à la question de sa participation à cette primaire.

Eliminer Daesh avec Bachar al-Assad

Contre Daesh, Vladimir Poutine veut construire une coalition mais en intégrant les troupes syriennes fidèles à Bachar al-Assad. "Notre objectif, c'est d'éliminer Daesh, dont la France est la première cible. Je regrette les hésitations de François Hollande, qui a commencé par dire qu'il fallait frapper Bachar al-Assad, puis ne rien faire, puis des vols d'observation, et puis maintenant des frappes contre Daesh".

Bruno Le Maire veut éliminer Daesh dans le cadre d'une "coalition internationale dans laquelle la Russie aurait toute sa place, (...) et oui, avec des troupes d'Assad (...). On réglera le problème de Bachar al-Assad et du régime syrien plus tard". Mais "j'aurais voulu que ce soit la France qui prenne l'initiative avec d'autres pays européens, plutôt que de laisser l'initiative à Vladimir Poutine".

Pour le député, "rien ne se résoudra (contre Daesh, Ndlr) sans la Russie, sans une coalition internationale, sans une intervention militaire au sol, je le dis depuis des semaines, et la France est une nouvelle fois à la traîne".