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Le duel Juppé - Sarkozy, dans l'ombre de la bataille Balladur - Chirac?

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé lors du congrès de l'UMP, le 30 mai 2015.

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé lors du congrès de l'UMP, le 30 mai 2015. - Charly Triballeau - AFP

Nicolas Sarkozy a comparé dimanche soir Alain Juppé à Edouard Balladur, qu'il soutenait en 1995. Le maire de Bordeaux préfère botter en touche.

La droite française est-elle en train de rejouer un duel bien connu, celui qui s'est joué entre Edouard Balladur et Jacques Chirac en 1995? C'est en tout cas ce que Nicolas Sarkozy a laissé entendre. Invité de France 2 dimanche soir, le président des Républicains a ironisé sur une déclaration d'Alain Juppé, qui affirmait dimanche matin: "Nicolas Sarkozy a le parti, moi j'ai l'opinion".

La réponse de l'intéressé n'aura donc pas tardé. "Ce n'est pas moi qui vais en vouloir à Alain Juppé de dire cela, puisqu'il m'était arrivé de dire la même chose lorsque je soutenais Edouard Balladur contre Jacques Chirac, avec le résultat que vous connaissez", a dit Nicolas Sarkozy dans un sourire entendu.

Le patron des Républicains fait ainsi référence à la victoire de Jacques Chirac, mal placé dans les sondages dès 1994 derrière Edouard Balladur et le socialiste Jacques Delors. Président du RPR, il avait finalement été élu président de la République en 1995. Nicolas Sarkozy, qui avait soutenu le très populaire Premier ministre Edouard Balladur, a alors connu une traversée du désert après la défaite de son champion.

Les proches de Juppé répliquent

La comparaison entre Alain Juppé et Edouard Balladur est donc loin d'être anodine venant de Nicolas Sarkozy. Une façon de rappeler à son rival que sa popularité ne lui garantit pas la victoire face à lui qui tient le parti.

Dès dimanche soir, le camp d'Alain Juppé a répliqué sur Twitter.

Alain Juppé, désigné mi-mai personnalité préférée des Français pour représenter l'UMP à la présidentielle de 2017, a préféré éluder la question. Sur Twitter, sa réponse lundi matin a consisté à rappeler qu'il préfère "parler d'avenir" plutôt que des scrutins passés.

A Nicolas Sarkozy le parti, à Alain Juppé l'opinion? La situation, publiquement démentie par les deux intéressés, leur permet pourtant de se démarquer l'un de l'autre. Mais en se drapant chacun dans une posture, les deux challengers pourraient se mettre en danger: Nicolas Sarkozy risque de passer pour celui qui joue le parti contre l'opinion, et Alain Juppé pour celui qui joue l'opinion contre le parti.

A. K.