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La dernière vague de sondages fait trembler les camps Juppé et Sarkozy

Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, en octobre 2015.

Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, en octobre 2015. - Nicolas Tucat - AFP

A l'approche du premier tour de la primaire à droite, l'inquiétude se fait sentir au sein des camps Juppé et Sarkozy, alors que la percée de François Fillon dans les sondages pourrait rebattre les cartes.

La fébrilité commence à se faire sentir. Alors que le premier tour de la primaire à droite se tiendra dimanche, les camps des deux favoris, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, s'inquiètent de la soudaine percée dans les enquêtes d'opinion de celui qui était jusqu'alors considéré comme le troisième homme, François Fillon. Un sondage OpinionWay diffusé mardi crédite en effet l'ancien Premier ministre d'une hausse de 10 points, ce qui le placerait au coude-à-coude avec Nicolas Sarkozy au premier tour, et lui permettrait de gagner au second tour quel que soit son adversaire. Alain Juppé lui, accuse une baisse de 7 points. La dynamique est confirmée par un nouveau sondage Elabe pour BFMTV publié mercredi. Des chiffres qui viennent rebattre les cartes des scénarios envisagés jusqu'alors.

La base électorale fragile de Juppé

L'équipe d'Alain Juppé tente d'afficher une relative sérénité. Mais l'inquiétude est bel et bien là. Le score qu'enregistrera le maire de Bordeaux dimanche soir dépendra, comme le souligne L'Opinion, de la mobilisation de la base électorale juppéiste, qui est plus fragile que celle de ses principaux rivaux, Nicolas Sarkozy et François Fillon. Ceux-ci peuvent, pour l'un, compter sur des soutiens fidèles, et pour l'autre sur un électorat très identifié et acquis. Autrement dit, Alain Juppé, qui peut surtout s'appuyer sur les voix des anti-sarkozystes, devra compter sur la mobilisation d'électeurs centristes, voire de gauche, pour s'assurer une marge confortable. 

Par ailleurs, outre la défection de Xavier Bertrand, qui n'assistera pas à son meeting lillois, prévu vendredi, Alain Juppé doit aussi composer avec la candidature d'Emmanuel Macron, annoncée mercredi, et qui pourrait lui siphonner des voix centristes. Pour l'un de ses proches cité par L'Opinion, le maire de Bordeaux devra se montrer plus offensif ce jeudi soir, lors du dernier débat de la primaire, que pendant celui du 3 novembre. Le porte-parole du candidat, Benoist Apparu, affiche quant à lui une prudence de mise: "L’ordre des trois premiers ne changera pas mais le delta ne sera sans doute pas aussi important que prévu", estime-t-il. 

L'équation délicate de Sarkozy

Pour Nicolas Sarkozy, le résultat de dimanche constituera en lui-même un enjeu. Une victoire nette et franche au premier tour, son objectif, lui permettrait de s'assurer des reports de voix pour le second. Une dynamique de façade, puisque même si ce scénario venait à se produire, l'ancien chef de l'Etat se retrouverait face à un front anti-sarkozyste constitué en vue du 27 novembre.

"Il doit impérativement arriver en tête au premier tour, pour avoir une chance de l’emporter. Mais si c’est le cas, la mobilisation sera alors trop forte pour l’empêcher de passer au second tour...", résume ainsi un de ses soutiens, cité par Le Monde

L'incertitude des sondages

L'exemple Donald Trump est passé par là. Et si le résultat de dimanche soir ne suivait en rien ce que prédisent les sondages depuis plusieurs mois?

Pour Alain Juppé, l'inconnu reposera sur le taux de participation. Les nombreux Français qui le placent en tête dans les sondages depuis des mois iront-ils concrétiser leur choix dans les urnes? Selon le sondage Elabe pour BFMTV publié mercredi, le taux de participation global au premier tour atteindrait au total 9%. Il est le plus élevé chez les sympathisants Les Républicains (24%), ce qui pourrait s'avérer favorable à Nicolas Sarkozy. Chez les sympathisants UDI et du MoDem, qui se tourneraient plutôt vers Alain Juppé, il est de 18% et 10%.

Des chiffres qui restent à relativiser. "Dans une primaire, le différentiel de mobilisation est décisif. Des gens peuvent dire qu’ils viendront voter de manière sûre mais ne le feront pas au final", fait valoir au Monde Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l'IFOP. Verdict dimanche.

EN DIRECT: Le résultat de la primaire de la droite et du centre

Adrienne Sigel