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"Je vais le niquer": comment Robert Bourgi a donné le coup de grâce à François Fillon

Dans un documentaire exceptionnel diffusé lundi soir sur BFMTV, l'avocat raconte ce jour où il a annoncé à Nicolas Sarkozy comment il allait "niquer" la campagne électorale de François Fillon.

C'est lors d'un déjeuner le 10 janvier que s'est jouée une séquence politique comme la France n'en avait pas connu depuis longtemps. Une scène racontée devant la caméra par le protagoniste lui-même, dans un documentaire exceptionnel diffusé ce lundi à 22h40 sur BFMTV.

L'avocat Robert Bourgi déjeune avec son ami Nicolas Sarkozy, et lui confie sa "grosse colère" contre François Fillon. Le candidat des Républicains, vainqueur à la primaire de son parti en novembre 2016, est distant. Il ne répond pas à ses messages lorsqu'il lui demande "5 minutes" de son temps. "Je n'ai jamais eu cette faveur suprême d'être invité dans son château. Il s'est comporté avec moi de manière déloyale, inamicale", expliquera Robert Bourgi. 

"Qui touche à Sarkozy me touche"

L'avocat n'a pas apprécié non plus le revirement du candidat : en août 2016, il épingle Nicolas Sarkozy sur sa mise en examen, et en février 2017, après la sortie du "Penelopegate" dans le Canard enchaîné, il affirme finalement qu'une éventuelle mise en examen ne l'empêcherait pas d'être candidat. "Il a été ignoble avec Nicolas Sarkozy (…) qui touche à Sarkozy me touche", confie-t-il.

Il décide donc de donner le coup de grâce à François Fillon. A Nicolas Sarkozy ce 10 janvier, il dit: "Je vais le niquer. Il ne s'en remettra pas". "Nicolas Sarkozy ne m'a jamais dit: 'tue-le'. Mais il ne m'a pas retenu le bras. Mais même s'il l'avait fait, je l'aurais fait quand même". Robert Bourgi révèle donc à la presse avoir offert trois costumes Arnys au candidat après sa victoire à la primaire, pour une valeur de 13.000 euros.

La révélation fait son effet: la candidature de François Fillon, déjà très fragilisée par les révélations sur son épouse, est définitivement plombée. Le candidat de LR ira tout de même jusqu'au bout: il sortira troisième du scrutin, avec 19,94% des voix. Mais l'affaire aura achevé de faire plonger sa carrière politique.

A. K.