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Affaire Fillon: son avocat dénonce une justice trop lente

Le 25 janvier 2017, des informations dans la presse lançaient l'affaire Fillon. L'ancien Premier ministre alors candidat à l'élection présidentielle est soupçonné d'avoir employé, fictivement, son épouse rémunérée alors avec de l'argent public. Depuis, il a été mis en examen pour "détournement de fonds publics" et "complicité et recel d'abus de biens sociaux".

C'était le 25 janvier 2017. François Fillon, vainqueur surprise de la primaire de la droite et du centre, et favori pour la présidentielle qui doit se tenir en mai, est ébranlé par des révélations de presse. Le Canard enchaîné rapporte que la femme de l'ancien Premier ministre, Pénélope Filon, aurait été employée comme assistante parlementaire auprès de son mari pendant de nombreuses années. Des salaires qui ne seraient pas justifiés par le travail accompli par l'épouse du député. Une enquête est ouverte par le parquet national financier dès le 25 janvier. 

Alors que François Fillon se défend de tout délit et assure qu'il ira jusqu'au bout dans sa campagne, les révélations de presse se multiplient: soupçons d'emplois fictifs pour les enfants du couple Fillon, soupçons de trafic d'influence pour s'être fait offrir des costumes d'une valeur de plusieurs milliers d'euros, soupçons de faux lors de la découverte de documents lors des perquisitions... Le candidat à la présidentielle est mis en examen le 24 mars pour "détournement de fonds publics", "complicité" de ce délit, "recel et complicité d'abus de biens sociaux". Le principal intéressé a été entendu à deux reprises par les juges d'instruction chargés de l'enquête depuis mars 2017.

"95% des actes (d'enquête, NDLR) ont été réalisés en 5% du temps d’enquête environ. On a mis le paquet, comme jamais on l’a fait dans un dossier, pour qu’aujourd’hui, il ne se passe plus rien", estime Me Antonin Levy, l'avocat de François Fillon.

Une enquête qui se dégonfle

Sans le dire, le conseil de l'ancien Premier ministre dénonce désormais une justice trop lente dans un dossier ultra-médiatique. Aujourd'hui, ce sont entre 4 et 5 enquêteurs qui travaillent sur cette affaire, contre 14 au début des investigations. Ils s'intéressent notamment à l'ancienne société de conseil de François Fillon, 2F, qui a été liquidée au mois de décembre dernier. L'entreprise a été crée par l'ancien Premier ministre lors de son départ de Matignon et juste avant de redevenir député. La justice cherche à savoir si d'éventuels conflits d'intérêts ont pu survenir. Une perquisition a notamment eu lieu chez l'un de ses anciens clients, l'assureur AXA. Depuis juin dix personnes ont été entendues.

"S’agissant de ses enfants, s’agissant des faux à l’Assemblée nationale, s’agissant des costumes, s’agissant de la société de conseil, s’agissant du trafic d’influence, aucune poursuite judiciaire n’a été donnée et ce qui le heurte le plus, c’est la violence des attaques sur une situation qui, judiciairement, c’est-à-dire du point de vue du droit, qui est heureusement en France encore applicable, on n’a pas trouvé à redire", rappelle Me Antonin Levy, qui assure que chaque volet de l'enquête se dégonfle.

Quatrième de la dernière élection présidentielle, François Fillon a mis de côté la politique pour se consacrer au privé. Il travaille désormais, comme associé, dans une société spécialisée dans les placements financiers. Selon ses proches, il attendrait qu'une seule chose: être totalement blanchi par la justice.
Justine Chevalier avec Mélanie Vecchio