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Estrosi à Sarkozy: "Plus on va à droite, plus on fait monter le FN"

Christian Estrosi le 16 mars 2014 à Nice.

Christian Estrosi le 16 mars 2014 à Nice. - Valery Hache - AFP

Comme Nathalie Kosciusko-Morizet avant lui, Christian Estrosi  a ouvertement critiqué la stratégie du "ni-ni" et la ligne droitière prônées par son "ami" Nicolas Sarkozy. Le retrait du PS a permis "d'éviter la débâcle", a tancé le nouveau président de Paca.

"Plus on va à droite, plus on fait monter le FN." Nul doute que Nicolas Sarkozy saura relever la volte-face de Christian Estrosi qui l'accuse, en substance, de faire le jeu du Front national. Le Républicain (LR) élu dimanche en Provence-Alpes-Côte d'Azur en partie grâce aux voix des électeurs de gauche, fustige dans un entretien à Paris-Match la ligne adoptée par Nicolas Sarkozy. Sur la forme, où il prend un minimum de précautions, comme sur le fond, il se démarque en refusant la stratégie du "ni (rapprochement), ni (front républicain) avec le PS", prônée par l'ancien chef de l'Etat.

Pour celui qui, en avril, faisait campagne en avançant des thèmes complotistes tels celui de "cinquièmes colonnes islamistes" ou qui, en 1998, aurait envisagé une alliance de circonstance avec le Front national (une version récemment contestée par son équipe de campagne), le revirement peut surprendre.

"Il faut tirer les conséquences de ce qui s'est passé à l'occasion de ces régionales", justifie le nouveau président de la région Paca qui appelle à un rassemblement de la droite et du centre.

"Faire une différence entre le PS et le FN"

"Au soir du premier tour, j'ai décidé de faire campagne sur le thème de la 'résistance' face au Front national. Je n'ai pas adopté, comme le voulait Nicolas Sarkozy, la ligne du 'ni-ni'", indique Christian Estrosi, précisant "faire une différence entre le Parti socialiste et le Front national, qui est un mouvement sectaire et nauséabond", alors que des élus PS "m'ont, ici, apporté un soutien sans faille et sans contrepartie".

"Nicolas Sarkozy est un ami, je le respecte. Mais contrairement à lui, je ne pense pas que nous, élus Républicains, devions tenir un discours toujours plus à droite", poursuit Christian Estrosi qui, "plutôt que chasser sur le terrain du Front national préfère chasser le Front national du terrain".

Le député-maire de Nice, qui regrette que Les Républicains (LR) "n'aient pas su collectivement donner une bonne image", s'est abstenu de participer au bureau politique de LR lundi et à la réunion du groupe LR à l'Assemblée nationale mardi "pour ne pas participer à un débat à chaud, rentrer dans les jeux des petites phrases".

Christian Estrosi conteste l'éviction de NKM

Christian Estrosi se montre également critique sur l'éviction de Nathalie Kosciusko-Morizet de la direction du parti. "J'attendais de Nicolas Sarkozy un message d'unité et de rassemblement et des mots qui apaisent. Ces décisions sur l'organisation interne du parti sont prématurées. Ne pouvions-nous attendre le conseil national de février?", se demande-t-il en proposant d'avancer la primaire à droite au printemps.

Arrivée en deuxième position au premier tour, 14 points derrière la liste FN de Marion Maréchal-Le Pen, Christian Estrosi a remporté la région au deuxième tour après le retrait de la liste PS arrivée troisième en s'adressant à la gauche à laquelle il a donné des gages pour l'avenir.

"Si les électeurs avaient adopté la ligne du 'ni-ni', Xavier Bertrand et moi-même n'aurions pas été élus. Il y aurait aujourd'hui une Le Pen élue dans le Nord et une Le Pen élue dans le Sud. Cela aurait été la débâcle."

Pour la suite, le président de Paca parle d'"organiser une cohésion solide avec le centre: François Bayrou, Jean-Christophe Lagarde, Hervé Morin..." L'idée devrait une fois encore enchanter Nicolas Sarkozy.

D. N. et AFP