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Dans quelles régions le FN peut-il s'imposer dimanche?

Marion Maréchal-Le Pen dimanche 6 décembre au soir du premier tour des élections régionales

Marion Maréchal-Le Pen dimanche 6 décembre au soir du premier tour des élections régionales - Boris Horvat - AFP

En observant les rapports de force tirés des résultats du premier tour, région par région, en vue du second dimanche, on constate que le parti de Marine Le Pen est en position favorable dans le Nord et en Paca. Dans les autres régions, la question du retrait des listes PS ou des alliances de celles-ci avec les autres forces de gauche sera déterminante.

"Le Front national va diriger une région dimanche prochain", s'est félicité dimanche soir le candidat frontiste en Normandie Nicolas Bay. Et si les autres leaders du FN sont restés plus prudents, soulignant tout de même "un résultat historique", le parti de Marine Le Pen conclut le premier tour des élections régionales en première position dans six régions. Plus une, la Normandie où son candidat est au coude à coude avec la droite. "C'est un rapport de force inédit" en France, souligne le politologue Bruno Jeanbart de l'institut OpinionWay pour BFMTV. 

Reste à anticiper "les effets du retrait des listes socialistes en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Paca, explique son collègue Frédéric Micheau, mais ces deux régions sont sans doute celles qui sont le plus à la portée du FN". Explications.

> Provence-Alpes-Cote d'Azur

Avec cinq départements acquis à sa cause et un score final de 40,55% des voix, Marion Maréchal Le Pen constitue la meilleure chance de victoire finale au FN. En effet, la députée de Vaucluse peut espérer profiter des 3,5% cumulés réalisés par la liste de Jacques Bompard (Union des droites) et celle du parti de Nicolas Dupont-Aignan (1,95%).

Son adversaire Christian Estrosi qui pointe à 26,48% des voix devrait ratisser large pour refaire son retard. Il pourrait profiter d'une partie des voix du PS Christophe Castener (16,59%) et des deux listes écologistes (10%) sans que l'on sache si l'appel au "barrage républicain" de la direction socialiste sera entendu par les électeurs.

> Nord-Pas-de-Calais-Picardie

Avec un score de 40,68% des voix dès le premier tour du scrutin, Marine Le Pen est la candidate qui a obtenu le score le plus élevé de France. Pour autant, mathématiquement sa victoire peut être mise à mal par le report des voix de gauche - désormais sans candidat - en faveur de Xavier Bertrand (24,96%).

En effet Pierre de Saintignon (18,11%), une liste divers gauche (5,32%) et la liste écologiste (4,83%) sont un poids suffisant pour faire pencher la balance dans le sens du candidat de l'union de la droite. Après la direction du PS, Emmanuelle Cosse a annoncé son intention d'appeler à voter Xavier Bertrand.

> Alsace-Lorraine-Champagne Ardenne

Et si la victoire du FN dans cette région venait du refus de se retirer de Jean-Pierre Masseret? En effet, en cas de triangulaire, Florian Philippot serait mathématiquement en mesure de présider la région dimanche prochain. Le médiatique vice-président frontiste est sorti largement en tête du premier tour avec 36,06% des voix. 

Le candidat de la droite Philippe Richert est second avec 25,82% des voix et celui du PS troisième avec un peu plus de 16% des votes exprimés. Mais dans les 22% restants près de 14% sont allés vers des listes de gauche et écologiste au premier tour...

A noter que les écologistes qui ont fait plus de 5% peuvent négocier une fusion des listes si le candidat du PS résiste à la pression de François Hollande, de Manuel Valls et de Jean-Christophe Cambadélis.

> Centre-Val-de-Loire

La photographie du premier tour qui place le FN Philippe Loiseau (30,49%) à la première place laisse de nombreuses options ouvertes avant le second tour. Derrière lui le candidat LR-UDI Philippe Vigier atteint 26,25% et celui du PS François Bonneau 24,31%.

Dans cette région, les reports de voix des écologistes (6,61%), des communistes et de l'extrême gauche (6,30%) comme ceux de Nicolas Dupont-Aignan (4,58%) vers la droite ou le FN peuvent faire basculer le scrutin.

A noter que les écologistes, ce n'est pas le cas de l'extrême gauche, ont fait plus de 5% et peuvent négocier une fusion des listes.

> Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées

Le compagnon de Marine Le Pen est en tête avec 31,83% des voix au premier tour. Pourtant, la gauche pourrait empocher cette région puisque l'ex-secrétaire d'Etat Carole Delga (24,41%), que les sondages donnaient favorite avant dimanche, peut compter sur les 10% des écologistes de Gérard Onesta voire sur les 5% du dissident PS Philippe Saurel dans cette région où les départements sont panachés. 

En outre le maintien, comme le préconise Nicolas Sarkozy, du candidat LR-UDI Dominique Reynié (18%) pourrait consolider la première place de Carole Delga.

> Bourgogne-Franche-Comté

La candidate du Front national Sophie Montel est arrivée largement en tête avec 31,48% des voix en Bourgogne-Franche-Comté, en l'emportant dans sept des huit départements de la nouvelle région.

La liste UDI-Les Républicains de François Sauvadet est arrivée en deuxième position avec 24%, devant celle de la socialiste Marie-Guite Dufay (22,99%). Tous deux ont annoncé leur intention de se maintenir dimanche prochain.

Aucune fusion n'est possible dans cette région mais les alliances de circonstance devraient décider de la future présidence.

> Normandie

En Normandie, seulement 1.500 voix séparent le candidat de la droite Hervé Morin de son opposant FN Nicolas Bay. Mais derrière ce duel, Nicolas Mayer-Rossignol, le candidat du PS peut lui espérer récolter les voix du Front de gauche (7%) et des écologistes (6%), quitte à opérer une fusion.

En Bretagne (avantage PS), en Aquitaine-Limousin (avantage PS), en Ile-de-France (avantage droite mais union de la majorité au second tour), en Auvergne-Rhône-Alpes (avantage droite) ou en Pays de la Loire (avantage droite), le Front national n'est pas en mesure d'emporter la région même s''il est à chaque fois en mesure de se maintenir au second tour.

Samuel Auffray