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Régionales: Valls a organisé le "barrage républicain" dans l'ombre

Manuel Valls dimanche 6 décembre

Manuel Valls dimanche 6 décembre - Thomas Samson - AFP

Si Manuel Valls n'a pas pris la parole publiquement comme il en avait pris l'habitude les soirs de scrutin, le Premier ministre en lien direct avec François Hollande a orchestré la réponse du PS en vue du second tour. 

En fin d'après-midi dimanche, dans le huis-clos de Matignon, Manuel Valls a décidé de ne pas s'exprimer sur les résultats du premier tour des régionales. Mais si le Premier ministre a laissé le PS, et son premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, communiquer la stratégie retenue, il a grandement participé à la définir en coulisses. En lien permanent avec François Hollande, revenu de Tulle en début d'après-midi, c'est le "barrage républicain" qui a été imposé par l'exécutif.

Fidèle à sa "guerre totale" contre le Front national, Manuel Valls a imposé que les listes socialistes en Provence-Alpes-Côte d'Azur, en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne se retirent pour empêcher le FN de présider. Dans le même temps, son entourage dénonçait la "grande irresponsabilité" de la droite.

Et alors que le Premier ministre s'est entretenu avec l'ensemble des têtes de liste PS dont son ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, largement en tête en Bretagne, ou encore le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, au duel avec Valérie Pécresse en Ile-de-France, ses proches ont laissé fuiter ses félicitations à l'adresse de Pierre de Saintignon. Battu par Marine Le Pen et Xavier Bertrand, ce proche de Martine Aubry est jugé "à la hauteur du moment", même s'il doit retirer sa liste. Christophe Castaner en Paca a également retiré sa liste.

Un couac dans le Grand est

Dans les faits, l'analyse de Manuel Valls, qui a rencontré dimanche soir Jean-Marie Le Guen (relations avec le Parlement), Marisol Touraine (Santé), Najat Vallaud-Belkacem (Education), Myriam El Khomri (Travail), Laurence Rossignol (Famille), ou encore les présidents de groupes PS Bruno Le Roux et Didier Guillaume à Matignon, n'est pas si sombre que la carte de France au soir du premier tour le laisse imaginer.

Sans aller sur le terrain du porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll qui a estimé que la majorité rassemblée est "le premier parti de France", "le PS résiste et le total du bloc de gauche démontre une meilleure dynamique que celle qui était prévue par les instituts de sondage", raconte l'entourage de Manuel Valls à l'AFP.

Problème, un couac enraye déjà la belle mécanique orchestrée entre l'Elysée, Matignon et Solférino. Le candidat PS en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne refuse, malgré les annonces, de se retirer. Manuel Valls devrait profiter de son passage au 20 heures de TF1 lundi soir pour durcir publiquement le ton.

S.A.