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Embarras dans le camp des Républicains après le placement en garde à vue de Sarkozy

Dans les rangs du parti de la droite, les ténors assurent qu'ils ont "beaucoup de peine à croire à cette affaire".

Le malaise est palpable dans les couloirs de l'Assemblée nationale ce mardi. Dans le rang des Républicains, les réponses aux questions se font particulièrement rares, alors que l'ancien président Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue dans l'enquête sur des soupçons de financement libyen illicite de sa campagne de 2007.

Comme une litanie, de nombreux députés LR reprennent les mêmes éléments de langage, appelant notamment à respecter la présomption d'innocence et à laisser la justice "faire son travail".

"Il faut simplement laisser la justice faire son travail, avoir un message d'amitié et de sympathie pour Nicolas Sarkozy qui a été notre président de la République et notre leader. Quant à ce qui concerne le fond de l'affaire, c'est à la justice de faire son travail, nous n'avons aucun commentaire à faire là-dessus", a réagi Damien Abad, le vice-président du parti, interrogé sur BFMTV. 

"Il faut faire confiance à la justice"

Daniel Fasquelle, le député LR du Pas-de-Calais, a fait preuve pour sa part d'un certain optimisme.

"Ça n’est pas la première fois que Nicolas Sarkozy est mis en garde à vue, on sait que dans les affaires précédentes ça s’est conclu par un classement sans suite ou une ordonnance de non-lieu, il faut regarder tout ça avec le détachement qui s’impose et faire confiance à la justice qui fait son travail", a-t-il déclaré sur notre antenne. 

"Acharnement" et "insistance"

Même son de cloche devant le QG du parti, pour la députée des Alpes-Maritimes Michèle Tabarot. "On peut pas estimer de culpabilité, il faut attendre que la justice fasse son travail", a-t-elle simplement déclaré. Pour la vice-présidente de l'Assemblée nationale, Annie Genevard, ce placement en garde à vue onze ans après les faits présumés est "de l'acharnement". 

"Onze ans c’est très long, sans que l’on ait pu jamais établir les faits. Ce qui plaiderait en faveur d’une forme d’insistance que d’aucuns appelleraient de l’acharnement. En tout cas il appartient à Nicolas Sarkozy d’apporter toutes les explications que la justice peut attendre". 

Sur Radio Classique, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a dit quant à elle avoir "beaucoup de peine à croire à cette affaire". "Mais la justice travaille et je souhaite vraiment qu'il n'y ait aucune interférence du pouvoir politique dans le travail de la justice ", a-t-elle ajouté. Quant à la réaction que tout le monde attend, celle de l'actuel président du parti Laurent Wauquiez, elle se fait encore attendre. Dans un communiqué envoyé à la mi-journée, le parti dit apporter son "plein et entier soutien" à son ancien patron. 

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Charlie Vandekerkhove