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Critiqué de gauche à droite, Sarkozy défend le nom des "Républicains"

Nicolas Sarkozy en meeting à Nice mercredi 22 avril

Nicolas Sarkozy en meeting à Nice mercredi 22 avril - JEAN-CHRISTOPHE MAGNENET - AFP

Lors du premier meeting destiné à lancer la campagne des élections régionales dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, le président de l'UMP Nicolas Sarkozy a défendu à Nice le nom des "Républicains" face aux critiques de la gauche et du camp Juppé.

En février dernier un cadre de l'UMP assurait que Nicolas Sarkozy ne "se braquerait" pas si le changement de nom du parti ne faisait pas l'unanimité. Deux mois plus tard la donne a changé et "Les Républicains" tient la corde pour devenir le patronyme de l'opposition le 30 mai prochain. Mercredi soir à Nice, lors d'un meeting de soutien à Christian Estrosi en vue des élections régionales, le président de l'UMP n'a pas cité une seule fois l'acronyme actuel pendant les cinquante minutes de son discours. Mieux, il a défendu cette décision prise avec son cercle proche mais qui déplaît à plus de la moitié des sympathisants de sa famille politique selon un sondage Odoxa publié cette semaine.

"La gauche, ils sont d'abord socialistes"

Nicolas Sarkozy a aussi profité de cette tribune pour tacler les réactions hostiles de majorité sur ce nom des "Républicains". "Un abus de pouvoir" avait ainsi jugé Jean-Marie Le Guen, le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement. Nicolas Sarkozy est "coutumier des captations d'héritage" avait commenté le député PS Christian Paul.

"La gauche, ils sont d'abord socialistes. Et ensuite républicains. Nous, nous sommes d'abord républicains et ensuite gaullistes ou libéraux. (...) Quand ça fait mal, ils ne devraient pas crier si forts, car ça me donne des idées", a assuré l'ex-chef de l'Etat face à l'état-major sudiste de l'UMP et à un parterre de militants acquis à sa cause.

"Nicolas Sarkozy ne connaît pas Jaurès. Le socialisme c'est la République jusqu'au bout", a répondu sur Twitter le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis. En effet, dans un discours devant la Chambre des députés en 1893, Jean Jaurès présente les liens intimes qui unissent socialisme et République. Le second étant selon lui induit par le second.

Les critique du camp Juppé

Mais pour Nicolas Sarkozy, les critiques viennent aussi de son propre camp. Ainsi le député maire du Havre et très proche d'Alain Juppé, Edouard Philippe a déclaré mercredi à Libération:

"Les Républicains? C’est un choix très curieux, et très contestable.(...) A l’UMP, nous sommes des républicains, sans aucun doute. Mais je ne considère pas que nous soyons 'les Républicains'. Il me semble qu’un grand nombre d’élus et d’électeurs d’autres partis le sont tout autant. (...) Se nommer Républicains serait un vecteur de clivage".

"Aucune concurrence ne doit se faire contre le collectif, a précisé Nicolas Sarkozy à Nice. Le moment viendra de parler de la présidentielle mais pas tout de suite". Notamment au moment de la primaire prévue fin 2016.

Mais d'autres critiques possibles effraient à droite. Derrière l'ambition sarkozyste d'ouverture d'unité des droites, un responsable craignait il y a déjà plusieurs semaines qu'"après l'UMPS, Marine Le Pen (s'en donne) à coeur joie avec les Ripoublicains".