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Chantage présumé à la naturalisation: Fillon écrit à Valls

François Fillon lors d'un meeting à Nice, le 13 septembre 2013.

François Fillon lors d'un meeting à Nice, le 13 septembre 2013. - -

L'ex-Premier ministre a adressé une lettre ouverte à l'actuel pour le rappeler à un impératif de "transparence" dans une affaire de chantage présumé à la naturalisation exercé sur une jeune Russe.

François Fillon, ancien Premier ministre, a écrit lundi une lettre ouverte à Manuel Valls au sujet d'un chantage présumé à la naturalisation de policiers sur une jeune Russe. Il a menacé de saisir le défenseur des droits en l'absence de "transparence" dans l'affaire.

Dans sa lettre, publiée sur le site du Figaro et qui le sera également mardi dans la version papier du journal, François Fillon s'adresse en ces termes au Premier ministre :

"La transparence est nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie (...) Faute de la communication des résultats de l'enquête, je saisirai le défenseur des droits en charge de veiller au respect de la déontologie par les personnes exerçant des activités de sécurité sur le territoire de la République, conformément au rôle que lui confère l'article 71-1 de la Constitution".

L'inspection générale de la police nationale enquête

En mars, Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, avait saisi l'Inspection générale de la police nationale au sujet d'un chantage possible à la naturalisation d'une jeune fille russe par les services de police de Viroflay (Yvelines).

Anna, 18 ans, s'était vu menacée par les policiers de recevoir "une avis défavorable" à sa demande de naturalisation, déposée à la préfecture le 6 août 2013, si elle refusait de donner les noms des personnes qui manifestaient avec elle contre le mariage homosexuel.

"Le major du commissariat de Viroflay aurait indiqué avoir travaillé sur instructions et ordres de sa hiérarchie et le Figaro (qui avait révélé l'affaire) rapporte que ces abus seraient dus à 'une grosse pression de la direction centrale du renseignement intérieur pour avoir des renseignements sur la Manif pour tous'", écrit François Fillon.

Un silence coupable selon François Fillon

Le ministère de l'Intérieur n'a pas démenti ces informations (...) Deux mois se sont écoulés" depuis que l'IGPN a été saisie mais "aucune conclusion n'est connue ni même accessible. Ce silence n'est pas acceptable au regard des faits reprochés", poursuit-il.

François Fillon rappelle que "ces faits, dans le cas où ils seraient établis, seraient constitutifs d'atteintes très graves à la liberté d'opinion, à la liberté d'expression, à la liberté de manifester et de réunion qui est garantie par l'article 11 de la Convention européenne des droits de l'homme".

Selon lui, "de tels abus appellent une condamnation d'autant plus forte que ces faits sont susceptibles de recevoir une qualification délictuelle".

D. N. avec AFP