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Les Républicains

Affaire Fillon: Les Républicains divisés entre solidarité et doutes

La solidarité autour du candidat en difficulté, brandie depuis mercredi par la direction des Républicains, s'effrite d'heure en heure. Les déclarations de parlementaires exprimant leurs doutes se multiplient.

L'unité. Depuis mercredi, la direction du parti Les Républicains essaie tant bien que mal de faire bloc autour de François Fillon, ébranlé par le Penelopegate. Depuis la réunion des parlementaires mercredi matin jusqu'au communiqué du comité politique mercredi soir, le mot d'ordre officiel était celui de la solidarité derrière le candidat.

Une offensive de communication qui s'est poursuivie jeudi. Dans Le Figaro, 17 parlementaires, dont des poids lourds comme Laurent Wauquiez, Gérard Larcher et Jean-Pierre Raffarin, déclarent leur solidarité avec François Fillon. Bernard Accoyer, signataire de la tribune, a encore rappelé sa "confiance" envers le candidat ce jeudi matin.

D'autres tentent de reprendre l'argument selon lequel cette histoire est un "coup d'Etat" "monté par la gauche". Pour Eric Ciotti, "les éléments qui sortent, les contrats, les chiffres (…) il n'y a qu'un lieu où tous ces éléments sont recensés de manière exhaustive, c'est à Bercy". Or "incontestablement, monsieur Macron profite de cette situation (…) C'est un fait objectif". L'ambiance est au soutien, voire à la contre-offensive. Objectif: porter François Fillon à bout de bras, et l'aider à se sortir de cette très mauvaise passe.

Une fronde chez les sarkozystes?

Pourtant, l'opération ne se passe pas vraiment comme prévu. Peu de temps après la sortie de la réunion mercredi matin, le député sarkozyste Georges Fenech a déclaré que selon lui, le résultat de la primaire était "caduc". Il réclame "une décision forte" de la part de François Fillon, ainsi que la tenue d'un conseil national extraordinaire pour que sa famille politique "reprenne son destin en mains".

Une première brèche dans laquelle d'autres se sont rapidement engouffrés, au fur et à mesure des nouvelles révélations sur Penelope Fillon. Le sénateur Alain Houpert a estimé mercredi soir sur BFMTV que François Fillon était "empêtré dans une affaire qui nous tire tous vers le bas". Sur Twitter, le député du Nord Sébastien Huygue a renchéri, réclamant lui aussi jeudi midi la convocation d'un "bureau politique des Républicains". Alors que Gilles Boyer, ancien directeur de campagne d'Alain Juppé, l'invitait à en dire plus, il a précisé dans un second tweet: "L'instance politique prévue par les statuts des Républicains doit prendre une position officielle dans la crise que nous vivons".

Sur France Bleu Provence, Renaud Muselier est allé plus loin: "Le problème c'est qu'aujourd'hui son crédit est complètement annihilé", a lancé l'eurodéputé marseillais. "Il n'a plus la capacité de défendre son projet, il n'a plus la capacité de défendre notre famille politique (…) Ce n'est pas concevable pour la suite". Une fronde organisée par Nicolas Sarkozy? Son entourage, interrogé par Le Figaro, dément.

Les juppéistes aussi tentent de se faire entendre

De son côté, le clan des juppéistes n'est pas en reste. Dès mercredi, le deuxième à suivre Georges Fenech a été Philippe Gosselin. Dans les couloirs de l'Assemblée, le député a appelé Alain Juppé à "réfléchir" à être un éventuel recours si jamais François Fillon devait renoncer. Jeudi matin, il a fait savoir qu'il travaillait à une tribune pour appuyer sa thèse. "La tribune est en cours de finalisation, prête à être signée par plusieurs dizaines de députés", a-t-il fait savoir sur RMC, sans préciser de date de publication. Et tant pis si l'intéressé a de nouveau répété qu'il n'envisageait pas d'être un "plan B".

Pour d'autres, l'attente semble désormais être la seule alternative. Sur Public Sénat, François Grosdidier, qui a soutenu lui aussi Alain Juppé pendant la primaire, ébauche une tentative de compromis:

"On attend 10 jours pour voir si François Fillon bénéficiera ou pas d'un classement sans suite". Mais le cas échéant, la solution lui semble claire: "Dans ce cas, il faudra s'interroger et tenir compte de la primaire et de ses 4 millions d'électeurs. Celui qui viendrait alors naturellement serait Alain Juppé, mais celui-ci n'en manifeste pas pour l'instant l'intention".
Et de conclure: "Il y a aujourd'hui une tourmente et on a tous une fidélité au candidat que nous avons soutenu. Si les choses tournaient différemment nous aurons une responsabilité, c'est de permettre l'alternance".

Ariane Kujawski