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Les députés LREM lancent leur "Lab" à l'Assemblée pour "faire de la politique autrement"

Pacôme Rupin et Richard Ferrand

Pacôme Rupin et Richard Ferrand - JACQUES DEMARTHON / AFP

Le "Lab" de LREM doit servir de champ d'expérimentation politique à la majorité. Une soupape politique pour atténuer la verticalité du pouvoir macronien.

Une pierre de plus à l'édifice de la "start-up nation": à l'Assemblée nationale, le groupe La République en marche a lancé mardi soir un "Lab" - pour "laboratoire" - destiné à "l'innovation" politique.

Destiné à "expérimenter" aussi bien dans la fabrication de la loi que dans la relation des élus avec les "marcheurs" des circonscriptions, le "Lab" doit permettre aux députés "LaRem" de "devenir des députés plus collaboratifs, innovants et démocratiques", s'enthousiasme Paula Forteza, députée des Français d'Amérique latine et des Caraïbes.

"Ceux qui arrivent ont souvent l’habitude d’emprunter à leurs prédécesseurs leurs manies, leurs pantoufles, leurs usages. Ne pas se satisfaire du changement de visage et des pratiques actuelles est déjà un signe de vitalité politique", a ainsi expliqué le patron du groupe macroniste Richard Ferrand lors du lancement du "Lab", comme le rapporte Libération.

"L'innovation politique fait partie de l'ADN d'En Marche. Nous avons été élus avec cette promesse", renchérit le député de Paris Pacôme Rupin, bon élève macroniste et artisan de la construction d'En Marche!.

Soupape politique

Si l'activité précise du "Lab" reste floue, l'un de ses objectifs semble également d'offrir un espace de parole plus libre au sein de la majorité, afin d'éviter un effet "cocotte minute" au sein d'un groupe parlementaire pléthorique. Le même Pacôme Rupin explique détaille: 

"Les réunions plénières ne permettent pas l’expression de chaque membre sur tous les textes. (...) Les divergences explosent quand il n’y a pas eu d’expression à la base. Si les sujets sont débattus hors du groupe, on perd notre force."

Autrement dit: au lab, on lave son linge sale en famille. La soupape doit également servir à la "base", chez les marcheurs qui pensaient que le mouvement échapperait complètement à la verticalité traditionnelle d'un parti politique.

"Les marcheurs ont cru pendant la campagne présidentielle que leurs propositions influenceraient le programme. Il y a un certain désenchantement sur le terrain", confie à Libération une assistant parlementaire de LREM.
Louis Nadau