BFMTV

Législatives: pourquoi Mélenchon a choisi Marseille

Depuis Marseille, Jean-Luc Mélenchon a expliqué ce jeudi au cours d'un point presse les raisons pour lesquelles il avait fait le choix de se présenter dans la 4e circonscription de la deuxième ville de France.

A Marseille, le leader de la "France insoumise" est venu entamer sa campagne législative pour gagner le siège de la 4e circonscription de Marseille, présenter son équipe pour remplir cet objectif... et détailler les raisons qui ont guidé son choix. Il faut dire que celui-ci a été décrié, et en premier lieu, par Patrick Menucci, le député sortant, qui lui a reproché d'avoir privilégié le "combat gauche contre gauche" plutôt que la bataille contre le Front national, et l'a qualifié de "nomade électoral". 

Un procès en parachutage qui ne passe pas

"Je ne viens pas ici pour contrarier monsieur Menucci à qui j’offrirais le moment venu une bouillabaisse s’il le veut bien. Il n’y a pas de mépris de ma part, mais je ne suis pas venu pour lui", a évacué Jean-Luc Mélenchon lors de sa conférence de presse avant d'ajouter: "Je ne veux pas affaiblir le PS, je veux le remplacer. Nous allons tourner la page des gens qui nous ont trahi pendant cinq ans". Plus largement, le procès en parachutage lui semble nul et non avenu:

"Nous ne demandons de passeport à personne, et nous disons que la majorité des gens de Marseille est constituée de parachutés, nous sommes d’ailleurs tous parachutés dans la vie. Quand je viens ici, j’y suis comme partout ailleurs dans mon pays. Je supporte assez mal ces critiques, ça commence par montrer du doigt des Mélenchon, puis par montrer tous ceux qui n’ont pas la bonne couleur ou la bonne religion."

Bousculer l'entre-soi

Jean-Luc Mélenchon, pour l'heure député européen, a dépeint plus précisément l'origine de sa volonté de concourir à Marseille. Il a dit constater dans ce territoire "une destruction des services publics qui fait apparaître des plaies béantes dans la vie de la société et montrent l’ampleur des besoins sociaux. Tout ça, c’est Marseille. Le choix est politique et social." Ce volet politique et social se décline aussi d'une autre manière, comme l'a relevé Jean-Luc Mélenchon lui-même.

Soulignant qu'il avait hésité entre trois villes (Toulouse, Lille et Marseille), il a poursuivi: "Ce n’est pas un choix qui se fait sur les paysages, c’est un choix politique. Dans ces trois villes, le scrutin nous a placés en tête. Il n’y a pas à nous interroger sur les raisons de ce résultat, elles sont dans les classes ouvrières, chez les pauvres." Dans cette 4e circonscription marseillaise, Jean-Luc Mélenchon a réalisé son cinquième meilleur score à la présidentielle. 

Il a également motivé sa décision par son inclination à bousculer l'entre-soi politique marseillais et désenclaver la cité phocéenne: "Et puis, Marseille, deuxième ville du pays, ne parle pas au pays. Du fait de son indigente classe politique, Marseille semble repliée sur elle-même à bavarder entre importants, comme des moules accrochées sur leur rocher, qui dès qu’ils voient quoi que ce soit qui change leur habitude poussent des cris d’orfraie". 

Mélenchon va rencontrer les communistes

Malgré l'extrême difficulté des discussions entre la direction du parti communiste et la "France insoumise" pour un accord national, l'ancien candidat à la présidentielle a indiqué son intention de se mettre d'accord avec les communistes régionaux de l'étape. "Je vais rencontrer mes camarades communistes dans les heures et les jours qui viennent et pour voir comment il y a moyen ici d’agir ensemble, en dépit de l’attitude lamentable des dirigeants nationaux", a-t-il lâché. Enfin, après avoir rappelé que les élections législatives étaient un scrutin national et non local, Jean-Luc Mélenchon a conclu son intervention par l'une de ses envolées lyriques dont il est coutumier:

"Je demande aux Marseillais de ne pas se résigner à un rang subalterne, où ils seraient dans leur coin en attendant que les choses se décident ailleurs. J’espère que ma présence catalyse les énergies, déchaîne les enthousiasmes, fasse tomber les murs dans lesquels cette ville a été enfermée, et fasse entendre sa voix. Il est temps de tourner la page de l’ancien monde politique dont l’échec hurle à pleine voix à chaque carrefour de cette quatrième circonscription."

Pas de doute, Jean-Luc Mélenchon est à nouveau en campagne. 

R.V.