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Le baromètre des éditorialistes - Les Bleus reçus par Macron: "Une frustration pour les supporters"

Christophe Barbier sur le plateau de BFMTV, le 17 juillet 2018

Christophe Barbier sur le plateau de BFMTV, le 17 juillet 2018 - BFMTV

Nos éditorialistes reviennent sur la réception organisée lundi à l'Élysée pour les Bleus, après leur victoire au Mondial 2018. De nombreux supporters regrettent que les joueurs aient passé plus de temps avec Emmanuel Macron que sur les Champs-Élysées.

Une liesse teintée de colère. Ils étaient nombreux, les supporters mécontents, lorsque les Bleus sont rentrés à Paris lundi après avoir vaincu la Croatie en finale de la Coupe du monde de football dimanche, en Russie. L'Équipe de France a effectué un passage-éclair sur les Champs-Élysées, où des centaines de milliers d'admirateurs les attendaient depuis des heures. Leur adresse à la foule sur le balcon de l'hôtel Crillon, tant espérée, n'a finalement pas eu lieu. En revanche, les joueurs ont fait une longue visite à l'Élysée, où Emmanuel Macron les attendait pour une réception. 

Même si le président avait invité 3000 personnes, dont 1500 enfants issus des clubs où ont évolué les joueurs, les supporters sont déçus. Sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron est accusé d'avoir accaparé les Bleus au détriment des milliers de Français sortis dans les rues, et l'opposition dénonce une récupération politique. À cela s'ajoute la photo du président, prise par un photographe proche de Vladimir Poutine, exultant lors d'un but de la France en finale, ainsi que les nombreuses vidéos des joueurs sur lesquelles il apparaît, n'hésitant pas à s'adonner au dab, dans leur vestiaire puis à l'Élysée. Le président en a-t-il trop fait? Les éditorialistes de BFMTV Christophe Barbier et Bruno Jeudy analysent le déroulé de la soirée de lundi. 

> Christophe Barbier, éditorialiste politique BFMTV: "À l'Élysée, hier, c'était un peu trop"

"Il y a eu deux temps: il y a eu la communication spontanée à Moscou. Macron n’est pas responsable de la photo faite par le photographe de Poutine, ni des petites vidéos mises en ligne par Mendy ou par Pogba, ni de l’attitude de la présidente croate qui était formidable. Tout ça, Macron l’a accompagné avec spontanéité et assez d’habileté et de fraîcheur. En revanche, la phase d’hier à l’Elysée était beaucoup plus séquencée, elle était pensée.

Macron sait qu’aujourd’hui, la communication, ce n'est pas comme au temps de Jacques Chirac, où Claude Chirac tendait une corde derrière laquelle on installait les photographes, comme ça on contrôlait tout. Maintenant il y a les réseaux sociaux, il y a les smartphones, il y a les joueurs qui peuvent demander un dab dans le bureau du président...

Il fait assez peu d’erreurs. Pour moi, (au moment de la photo prise dans les gradins à Moscou, ndlr) ce n’est pas trop. C’est bien, c’est spontané. Et puis on venait de marquer un but en finale de la Coupe du monde, quand même! Tandis qu’à l’Elysée, hier, c’était un petit peu trop."

> Bruno Jeudy, éditorialiste politique BFMTV: "Ça peut laisser des traces"

"C’était un peu court pour les supporters qui ont attendu des heures de voir ce car, qui est passé assez vite, 12 minutes montre en main, pour tourner vers l’Élysée peu avant 20 heures. Je comprends la déception des gens. Je ne sais pas si ça gâche la fête, mais en tout cas ça donne une petite frustration. Ils sont restés plus longtemps à l’Élysée qu’ils ne sont restés avec leurs supporters à l’arrivée. C‘est quand même cela qu’on va retenir.

On voit bien qu’Emmanuel Macron a plutôt fait de la communication indirecte, c’est-à-dire qu’il s’est appuyé au fond sur ce qu’ont fait les joueurs. Ces vidéos qu’on a vues dans les vestiaires, les photos, et lui au fond a très peu parlé... Au départ, c’est le bon dosage, je trouve qu’il s’en est plutôt bien sorti, il a fait attention. Après, c’est vrai que dans les vestiaires, il s’est peut-être un peu emballé.

Emmanuel Macron va-t-il bénéficier d'un sursaut dans les sondages? "Je pense que ça n’aura rien à voir avec 1998 où Jacques Chirac avait pris selon les instituts entre 14 et 18 points, ce qui est absolument énorme. C’était une autre période, le Mondial avait eu lieu en France, nous étions dans une période de croissance (...) Je pense que peut-être qu’il en bénéficiera de quelques points mais ça n’aura sans doute rien à voir avec 1998.

Est-ce qu’il en a trop fait? Chacun jugera. C’est vrai qu’hier en tout cas, les Bleus sont restés plus longtemps à l’Élysée qu’ils ne sont restés avec les supporters, et ça par contre ça peut laisser des traces."

B.P.