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Le baromètre des éditorialistes: la réforme constitutionnelle mort-née?

Le baromètre des éditorialistes - Notre éditorialiste Christophe Barbier estime que la "fenêtre de tir" pour faire voter la réforme constitutionnelle s'est fermée avec l'affaire Benalla.
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> "Ne pas engorger la rentrée parlementaire"

"Je crois que la réforme institutionnelle est mort-née. C’était bien de réformer cette Constitution, mais je pense qu’il faut savoir tourner la page. Il y a trois volets dans cette réforme institutionnelle: une loi organique et une loi ordinaire, où on va décider du nombre de députés, de la proportionnelle… ça, ça peut se maintenir, ce sont des votes normaux, ils peuvent le faire à l’automne.

Ce qui était débattu en juillet, c’était la partie la plus constitutionnelle, qui réclame les trois cinquièmes au Congrès, ou un référendum. On ne voit plus aujourd’hui, compte-tenu de l’affaire Benalla, Macron avoir ni les trois cinquièmes, parce qu’il a besoin de la droite, ni, dans l’opinion, un vent d’enthousiasme qui ferait que cette république macronienne serait adoptée.

"Caprice constitutionnel"

Je conseillerais au président de remettre dans un tiroir cette réforme constitutionnelle, pour ne pas engorger la rentrée parlementaire de septembre. Il y a des lois plus importantes qu’il faut passer: la loi sur le logement en deuxième lecture, et surtout, la loi Pacte, pour relancer l’économie française.

Si Macron fait un caprice constitutionnel et fait prendre du retard à ces deux lois, il n’aura pas de résultat avant 2019, 2020, 2021, et donc il pourra ‘planter’ son quinquennat. La réforme constitutionnelle, il aura du temps pour la faire adopter en 2021, quand le Parlement n’a plus rien à voter parce qu’on est en campagne présidentielle. Ce sera peut-être le moment de terminer cette réforme institutionnelle."

L.N.