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75 députés Les Républicains dénoncent une réforme constitutionnelle "au bazooka"

Le groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale le 4 juillet 2017 après un discours du Premier ministre.

Le groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale le 4 juillet 2017 après un discours du Premier ministre. - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

75 députés du groupe Les Républicains protestent contre la réforme constitutionnelle prévue par Emmanuel Macron. Les élus dénoncent une réforme visant à affaiblir le Parlement.

Les trois quarts des membres du groupe des Républicains à l'Assemblée nationale, soit 75 députés, plaident dans le Journal du Dimanche contre l'introduction d'une dose de proportionnelle dans le scrutin législatif, "une combine" qui selon eux aboutirait à "la création de deux catégories de députés".

Ce projet gouvernemental, qui doit être examiné par l'Assemblée nationale à la rentrée, revient selon eux à "triturer les institutions afin de diminuer les libertés de nos concitoyens. Parce qu'elle a pour mission de faire entendre la voix des Français, l'Assemblée nationale est attaquée au bazooka", affirment-ils, assurant que "la domestication, la décomposition et la démolition de l'Assemblée nationale sont en marche".

"Une régression antidémocratique"

"Le président de la République aime tellement s'écouter parler au château de Versailles que, pour la deuxième fois de son mandat, il y invite lundi le Parlement réuni en Congrès. (...) Rien, dans les trois projets de loi présentés, ne répond directement aux attentes de nos compatriotes : ni la diminution de l’immigration, ni la sécurité nationale, ni les questions économiques et financières ne sont abordées." écrivent-ils. 

Parmi ces élus, le président du groupe Christian Jacob et plusieurs membres de l'état-major de LR, comme les vice-présidents du parti Damien Abad et Guillaume Peltier, la secrétaire générale Annie Genevard, le secrétaire général délégué Guillaume Larrivé ou encore Fabien di Filippo, secrétaire général adjoint.

30% de parlementaires en moins

Selon ces députés LR, "si une diminution du nombre des membres du Parlement peut être légitimement envisagée, la combinaison d'une réduction d'un tiers et de l'introduction d'un mode de scrutin mixte est de nature à affaiblir profondément la mission constitutionnelle de l'Assemblée nationale et sa légitimité à incarner, par délégation de la nation, un pouvoir de l'Etat".

"Ce serait le triomphe de la technocratie et la défaite de la démocratie", écrivent-ils. "La première catégorie serait celle de professionnels de l'expression médiatique, actifs dans les états-majors des partis politiques, sans lien nécessaire avec les Français", élus à la proportionnelle; "la seconde catégorie serait celle de députés qui auraient plus de difficultés qu'aujourd'hui à entretenir un vrai lien avec les Français, puisque leur territoire d'élection serait immense"

Cette tribune est publiée deux jours avant que l'Assemblée se saisisse d'un projet de révision constitutionnelle qui, en prévoyant une accélération de la procédure parlementaire au nom de l'"efficacité", est déjà dénoncée par les opposants à Emmanuel Macron.

Dès la rentrée, le projet de loi visant à réduire de 30% le nombre de parlementaires, à limiter leurs mandats à trois identiques dans le temps et à instaurer 15% de proportionnelle aux législatives sera examiné à l'Assemblée.

J.B avec AFP