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Jean-Marie Le Pen veut que le FN incarne "une opposition radicale" face au "dictateur gentil" Macron

De gauche à droite, Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch et Marie-Christine Arnautu, lors de la campagne des régionales en 2010.

De gauche à droite, Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch et Marie-Christine Arnautu, lors de la campagne des régionales en 2010. - Fred Dufour - AFP

Dans un article publié par Le Figaro ce mardi, Jean-Marie Le Pen a donné ses vues sur l'avenir du Front national, parti qu'il a fondé et dont il a été exclu. Il l'a appelé à combattre la politique d'Emmanuel Macron.

Alors que de nombreux observateurs se demandent de quoi demain sera fait pour un Front national déçu du score de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, son fondateur a son idée sur la question. Contacté ce mardi après-midi par Le Figaro, Jean-Marie Le Pen, exclu du Front national dont il est toujours le président d'honneur, a d'abord raillé le chef de l'Etat en imaginant que son mouvement, dont l'étoile est au beau fixe dans les sondages pour les législatives, obtienne une majorité absolue à l'Assemblée nationale.

"C'est bien! On va peut-être avoir un dictateur gentil. Généralement, quand on est porté comme cela par la vague populaire, c'est une tentation à laquelle on ne résiste pas. La première sera de vouloir gouverner par ordonnance et de s'y habituer", a-t-il affirmé. 

Le changement de nom? "C'est du bidon!"

Selon lui, majorité absolue ou plus étriquée pour "La République en marche", il reviendra à Marine Le Pen de s'opposer frontalement aux orientations du quinquennat: "Elle sera amenée à animer une opposition radicale au macronisme. Si les Républicains sont partisans de la collaboration, il est fort probable que le Front national sera la seule opposition crédible." Il a d'ailleurs fait montre d'une certaine indulgence à l'endroit de sa fille au moment d'évoquer sa performance, largement décriée, face à l'actuel président de la République lors du débat d'entre-deux tours de la présidentielle. "Cela fait partie du passé. C'est un non événement, un ratage. Il arrive que le champion du monde de ski chute mais cela n'enlève rien à ses capacités", a-t-il dit. 

Jean-Marie Le Pen n'est pas entièrement rétif à l'idée d'apporter des changements au Front national. Ainsi, il s'est étonné entre autres de problèmes d'"organisation", de "communication" ou encore du fait que la formation politique ne disposait pas d'un journal. En revanche, l'hypothèse d'un changement de nom ne lui dit rien qui vaille. L'éventualité lui a même inspiré une comparaison inattendue: "Le changement de nom, c'est comme le changement du climat, c'est du bidon!"

Robin Verner