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Viande de cheval : Benoît Hamon affirme que "Spanghero savait"

Benoît Hamon, le ministre délégué à la Consommation a fait le point ce jeudi sur l'enquête menée par la DGCCRF.

Benoît Hamon, le ministre délégué à la Consommation a fait le point ce jeudi sur l'enquête menée par la DGCCRF. - -

Le gouvernement a fait un point de presse après la révélation des résultats de l'enquête de la DGCCRF.

"Ce qui me préoccupe c'est que le consommateur sache ce qu'il achète. Il important d'être en mesure de saisir, de comprendre ce qui s'est passé", a déclaré Benoît Hamon, ministre délégué à la Consommation lors d'une conférence de presse révélant les résultats de l'enquête menée par la DGCCRF à propos du sandale de la viande. Le ministre a pointé "une architecture commerciale assez complexe" concernant le groupe d'entreprises impliquées dans ce scandale.

> "Spanghero savait", assure Hamon

• Spanghero coupable d'une "tromperie économique"

"L'enquête démontre que Spanghero savait qu'il étiquetait de la viande de cheval sous l'étiquette de viande de boeuf, du moins il existe de forts soupçons", a déclaré le ministre. "Le premier agent à estampiller la viande en tant que 'boeuf' était Spanghero", assure le ministre.

"Certains pains de viande étaient composés à 100% de cheval", a encore indiqué Benoît Hamon.

Spanghero s'est rendu coupable d'une "tromperie économique" et sera poursuivi, a ajouté le ministre, en promettant "d'assainir la filière".

• Des anomalies sur des étiquettes

"Les enquêteurs ont constaté des étiquetages non conformes et des réétiquetage, ce qui est interdit", a indiqué le ministre.

> L'agrément de Spanghero est suspendu

Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, est ensuite intervenu. "Je demanderai au préfet de suspendre la licence de l'établissement", a déclaré le ministre. Une enquête sera diligentée pour voir si cet agrément sera suspendu de manière définitive ou non", a-t-il ajouté.

• Une brigade de vétérinaires à Castelnaudary

Dès vendredi, une brigade nationale de vétérinaires va être envoyée dans les locaux de l'entreprise située à Castelnaudary (Aude) pour poursuivre les investigations et expertises dont les résultats devraient être rendus dans une semaine.
• Améliorer l'étiquetage au niveau européen

"Nous devons améliorer l'étiquetage (à l'échelle européenne) sur les produits transformés en indiquant l'origine des viandes", a encore assuré Stéphane Le Foll.

> Comigel aurait dû s'interroger

S'agissant de la société Comigel, qui a fabriqué les fameuses lasagnes à la viande de cheval, le ministre a reconnu qu'elle avait été bernée. "Il s'agissait pour Comigel de la viande de boeuf", a-t-il indiqué.

• Comigel bernée mais négligente

Cependant, à ses yeux, cette PME française s'est rendue coupable de "deux négligences en omettant des contrôles qu'elle aurait dû opérer dans son usine luxembourgeoise".

• Etiquetage non-conforme

"D'une part, l'étiquette n'était pas conforme à la législation française" puisqu'elle ne précisait que "viande origine UE" alors qu'elle aurait dû donner l'origine géographique précise du lieu d'élevage et d'abattage, a expliqué le ministre.

• Une couleur différente aurait dû alerter

"D'autre part, lors de la décongélation, elle aurait dû se rendre compte que la viande n'était pas de la même couleur que le boeuf", a-t-il poursuivi.

> Le dossier transmis au parquet

Benoît Hamon a expliqué que 750 tonnes de viande avaient été écoulées en six mois pour un bénéfice de 550.000 euros pour la société Spanghero.

• Ce que l'entreprise risque

Les faits de fraude, s'ils sont avérés, pourraient être sanctionnés par des amendes de 37.500 euros pour des personnes physiques et de 187.500 euros pour une société. Les fraudeurs pourraient être poursuivis en correctionnelle, a également indiqué le ministre.

dossier :

Benoît Hamon

David Namias