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Valls dénonce une hausse "factice" des expulsions sous Sarkozy

Manuel Valls lors de sa conférence de presse vendredi.

Manuel Valls lors de sa conférence de presse vendredi. - -

27.000 sans-papiers ont été éloignés en 2013, selon le ministre de l'Intérieur, qui présentait vendredi son bilan en matière de politique d'immigration. Des chiffres en baisse par rapport à 2012, alors que le nombre de régularisations a augmenté.

"Le bilan du précédent gouvernement est simplement très mauvais". Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a accusé vendredi ses prédécesseurs d'avoir affiché "une fermeté de papier" face à l'immigration irrégulière, avec une "hausse factice de 50%" des éloignements" entre 2006 et 2011 par "pure logique d'affichage".

A moins de deux mois des élections municipales, le locataire de la place Beauvau, qui a toujours dit vouloir rompre avec "la politique du chiffre", renoue avec un style de communication qu'il avait évité jusqu'alors.

27.000 expulsions de sans-papiers en 2013

Concernant son propre bilan, Manuel Valls a donné le chiffre de 27.000 expulsions de sans-papiers en 2013, soit 9.000 de moins qu'en 2012 en raison d'une chute des aides au retour selon lui. Début 2013, il avait en effet réduit le montant de l'aide au retour humanitaire (ARH), qui concernait en majorité les Roms, ainsi que l’aide au retour volontaire (ARV), offerte aux étrangers non européens.

Sur ces 27.000 personnes, 15.500 ont été éloignées de force, 10.700 vers un pays européen et 4.600 vers un pays hors UE, d'après le ministère de l'Intérieur.

Attribuant la moitié des expulsions à des étrangers renvoyés vers des pays de l'Union européenne entre 2006 et 2011, il a expliqué que si elles étaient moins chères, elles étaient peu "efficaces", les étrangers pouvant relativement facilement revenir grâce à la libre-circulation au sein de l'espace Schengen.

Mais il n'est pas certain que sa politique soit vraiment différente de celle de ses prédcesseurs, à en crroire certaines organisations. Selon la Ligue des droits de l'Homme, 20.000 Roms ont été reconduits à la frontière en 2013. Des chiffres qui ne coïncident pas avec le fait que 15 à 17.000 Roms se trouvent sur le territoire, mais qui s'expliquent par le fait que certaines personnes sont parfois renvoyées plusieurs fois.

Une hausse "conjoncturelle" des régularisations

Manuel Valls a également donné le nombre de 46.000 régularisations en 2013, contre 36.000 en 2012, selon des chiffres officiels rendus publics en juillet. Parmi ces régularisations, 10.000 sont liées à une hausse "conjoncturelle", selon le ministre qui avait déjà évoqué ce chiffre en novembre dernier.

Le ministre de l'Intérieur attribue ces 10.000 régularisations supplémentaires en 2013 par rapport à 2012 à la circulaire de décembre 2012, qui répondait à une promesse de campagne de François Hollande.

Une très grande part des étrangers régularisés seraient des familles déboutées du droit d'asile, selon les informations du Monde, qui évalue la "hause conjoncturelle" à 16.000 régularisations plutôt que les 10.000 affichées. Sur ce point l'entourage du ministère a evoqué des chiffres non définitifs qui pourraient être plus proches de 12.000.

Un "nouvel échec lourd", selon l'UMP

L'UMP s'est empressé de réagir aux propos de Manuels Valls, voyant dans ses chiffres un "nouvel échec lourd de sa politique". "Au lieu d'accuser ses prédécesseurs, il devrait assumer cet échec qui conduit à une baisse des expulsions et à une explosion des régularisations", écrit dans un communiqué Michèle Tabarot, secrétaire générale du parti d'opposition.

Vous pouvez retrouver les chiffres cités par Manuel Valls dans ce bilan :

Bilan Manuels Valls sur l'immigration 2013 publié par Fil_actu

K. L avec AFP