BFMTV

Valls conseille à Macron de mettre de côté "un certain narcissisme"

Manuel Valls a réaffirmé que les heures supplémentaires seraient forcément majorées de 10%

Manuel Valls a réaffirmé que les heures supplémentaires seraient forcément majorées de 10% - Lionel Bonaventure - AFP

Lors de ses voeux à la presse, Manuel Valls a écarté l'opinion d'Emmanuel Macron qui voyait, à travers la réforme du code du Travail, la fin des 35 heures. L'occasion pour le chef du gouvernement de donner une énième leçon à son ministre de l'Economie.

Manuel Valls a donné une nouvelle leçon de politique à Emmanuel Macron jeudi, lors de ses voeux à la presse. Evoquant la sortie du ministre de l'Economie sur la suppression des 35 heures, le chef du gouvernement a lancé : 

"Dans la vie politique il faut mettre de côté un certain narcissisme, un certain égocentrisme pour se consacrer essentiellement à l’intérêt général".

Pour rappel, en marge du Forum économique mondial de Davos, Emmanuel Macron avait estimé que le projet de réforme du temps de travail, présenté par François Hollande, signait "de facto" la fin des 35 heures. 

Le ministre voulait "aller plus loin"

Emmanuel Macron remarquait que cette réforme permettait de "créer plus de flexibilité" et ainsi "négocier jusqu'à 10% au niveau de l'entreprise" (sur le paiement des heures supplémentaires, NDLR). Mais le ministre espérait aussi : "On doit pouvoir aller plus loin". 

Une erreur pour Manuel Valls qui a donc recadré son ministre ce jeudi. Lors de ses vœux à la presse, le Premier ministre réaffirmait en effet:

"Il y a une durée légal de travail et les heures effectuées au-delà sont payées au moins 10% de plus. Ce principe s’impose à tous". 

Exit donc un assouplissement en dessous des 10% et au passage, la volonté de Macron de "pouvoir aller plus loin". 

Macron dit "n'importe quoi"

Ce petit conseil sonne comme un énième recadrage pour Emmanuel Macron. Si la rivalité entre le locataire de Bercy et Manuel Valls n'est pas nouvelle, François Hollande a lui aussi fait part récemment de son agacement face aux déclarations du locataire de Bercy.

Il affirmait que le ministre de l'Economie ne se rendait "pas compte qu'on ne peut pas dire n'importe quoi quand on a des responsabilités gouvernementales", selon Le Canard enchaîné

Faisant référence à une sortie de Macron sur la vie des chefs d'entreprises qui serait "bien plus souvent plus dure que celle d'un salarié", le chef de l'Etat avait même évoqué "une provocation inutile". 

Un énième avertissement de Valls

Manuel Valls avait quant à lui lancé: "Il y a un problème Macron". "Il fait reculer la cause qu'il prétend défendre, c'est contre-productif pour lui, pour tout le monde. Il nuit à sa propre crédibilité" analysait le Premier ministre, jetant un nouvel avertissement à l'attention d'Emmanuel Macron. 

Toujours selon Le Canard enchaîné, le ministre de l'Economie serait entrain de perdre patience et fustige: "Si on ne m'écoute pas, c'est tout simplement qu'on a choisi de ne plus réformer". Pourtant il exclut la démission, affirmant ne pas être "dans l'indécence qui consisterait à menacer de démissionner". 

M.L.