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Valls à Matignon: les Verts claquent la porte, Mélenchon furieux

Manuel Valls va diriger un gouvernement resserré.

Manuel Valls va diriger un gouvernement resserré. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

François Hollande a annoncé officiellement la nomination de Manuel Valls à la tête d'un gouvernement resserré. Une décision qui a suscité une vague de réactions.

Après la cuisante défaite des élections municipales, en forme de désaveu pour la politique menée par François Hollande, celui-ci se devait de réagir. C'est désormais chose faite, avec l'annonce d'un remaniement ministériel à venir, effectuée lors d'une allocution télévisée. Le chef de l'Etat a également officialisé la nomination de Manuel Valls en tant que Premier ministre, à la tête d'un gouvernement resserré.

Une décision qui a provoqué des réactions mitigées au sein de la classe politique, la droite raillant un changement de façade plutôt que sur le fond, et le PS se montrant plutôt satisfait. Les ministres Verts, eux, ont déjà annoncé qu'ils ne souhaitaient pas faire partie du prochain gouvernement.

Les socialistes satisfaits

Au sein du Parti socialiste, encore absaourdi par les scores des municipales, les réactions étaient plutôt positives ce lundi. "Manuel Valls est un professionnel, il fait les choses de manière sérieuse (...) il a beaucoup de qualités", a ainsi commenté François Rebsamen, le chef de file des sénateurs socialistes. "Son énergie, son autorité, sa détermination, démontrées au ministère de l'Intérieur et qui lui valent la confiance des Français, sont des atouts majeurs", a renchéri Bruno Le Roux, son homologue à l'Assemblée. Tandis qu'Harlem Désir a assuré que le parti serait "pleinement mobilisé" pour la réussite de son gouvernement.

Au sein de l'exécutif, certains sont d'ailleurs déjà prêts à travailler sous ses ordres. C'est le cas de Frédéric Cuvillier, le ministre des Transports, qui a fait savoir à BFMTV via son entourage qu'il était prêt à rempiler.

Seule l'aile gauche du PS a émis quelques réserves: "le choix de Manuel Valls est assez surprenant, compte tenu de l'analyse que l'on peut faire du scrutin (municipal) et de l'indéniable besoin de gauche qui s'est exprimé à l'occasion de cette élection", a ainsi déclaré Emmanuel Maurel, l'un de ses chefs de file.

Les Verts claquent la porte

L'arrivée de Manuel Valls à Matignon n'a, par contre, pas du tout plu aux écologistes. Comme elle l'avait déjà fait savoir il y a quelques jours, Cécile Duflot ne fera pas partie du prochain gouvernement, de même que Pascal Canfin.

"Les idées portées par le nouveau Premier ministre depuis plusieurs années, notamment lors de la primaire du Parti socialiste ou comme ministre de l'Intérieur, ne constituent pas la réponse adéquate aux problèmes des Françaises et des Français", écrivent les deux ministres écolos dans un communiqué commun. "Avec franchise et lucidité, nous en tirons donc toutes les conséquences et n'entendons pas participer à ce nouveau gouvernement".

La droite mitigée

Jean-François Copé a, lui, immédiatement réagi après l'allocution du chef de l'Etat. Le président de l'UMP a estimé que "ce n'est pas en changeant les hommes et en gardant la même politique que les choses vont changer en France". Il a "une nouvelle fois" demandé à François Hollande de le rencontrer pour lui proposer un "autre chemin".

De son côté, François Fillon a souhaité "bonne chance" à Manuel Valls, tout en espérant "un peu moins de communication" et "un peu plus de résultats qu'au ministère de l'Intérieur"

La gauche de la gauche furieuse

Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) a violemment critiqué l'arrivée de Manuel Valls à Matignon. Selon lui, François Hollande a nommé comme Premier ministre "le plus grand commun diviseur possible de la gauche, Manuel Valls (...) A un désastre électoral, le chef de l'Etat répond par un suicide politique", a-t-il déclaré.

Quant à Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste, il a estimé que le changement de Premier ministre constituait "une fuite en avant, un choc pour les électeurs de gauche". "Décidément le président de la République n'entend que de l'oreille droite", a-t-il ironisé.

Marine Le Pen ne voit pas de changement à venir

Enfin, Marine Le Pen, la présidente du Front national, a affirmé que le fait de remplacer Jean-Marc Ayrault par Manuel Valls à Matignon "ne changerait rien car (...) c'est un changement de politique que les Français attendent et pas tant un mercato gouvernemental". Elle a qualifié le nouveau chef du gouvernement de "dangereux", qui "n'a aucun respect pour les libertés publiques".

|||Une édition spéciale du "Soir BFMTV" consacrée à la nomination de Manuel Valls à Matignon se tiendra juqu'à minuit ce lundi soir. Suivez en direct les analyses et réactions de nos invités et de nos éditorialistes.

Y. D.