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Selon Darmanin, il manque autour de Macron "des gens qui boivent de la bière ou mangent avec les doigts"

Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des comptes publics.

Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des comptes publics. - LUDOVIC MARIN / AFP

Le ministre de l'Action et des Comptes publics, en première ligne depuis le début de la séquence des retraites, juge que le chef de l'État n'est pas suffisamment entouré de personnalités ayant une fibre sociale.

Cette fois-ci, il n'invoque pas l'exemple de sa mère femme de ménage. Dans un article que lui a consacré Paris Match, en raison de sa forte présence médiatique depuis le début de la séquence de la réforme des retraites, Gérald Darmanin affiche fièrement sa fibre sociale. Celle dont il entend faire une marque de fabrique, une singularité politique au sein du gouvernement d'Édouard Philippe. De quoi lui inspirer ce constat s'agissant d'Emmanuel Macron:

"Il manque sans doute autour de lui des personnes qui parlent à la France populaire, des gens qui boivent de la bière et mangent avec les doigts. Il manque sans doute un Borloo à Emmanuel Macron", juge l'ancien maire de Tourcoing. 

Le procès en déconnexion de la macronie

Comme souvent, la formule en a amusé certains et indigné d'autres sur les réseaux sociaux. Le fond du propos, lui, mérite d'être décortiqué. Depuis le début du quinquennat, l'un des principaux reproches adressés au chef de l'État est son décalage par rapport à la France dite "profonde".

Le premier cercle macroniste, qu'il soit à l'Elysée ou dans les instances dirigeantes de La République en marche, est souvent perçu comme étant trop Parisien, trop bourgeois, trop élitiste. C'est, en tout cas, l'image que semble vouloir en dépeindre par effet de contraste Gérald Darmanin, à qui certains proches prêtent d'ailleurs l'ambition d'obtenir, d'ici la fin du quinquennat, un grand ministère des Affaires sociales.

La référence à Jean-Louis Borloo n'a rien d'anodin. L'ancien ministre délégué à la Ville de Jacques Chirac s'était vu attribué, un temps, la réalisation d'un ambitieux plan pour les banlieues, qu'Emmanuel Macron a tôt fait d'écarter de façon publique. Ce dont l'intéressé a conçu une vive amertume vis-à-vis du locataire de l'Elysée. 

Or, il se trouve que l'ancrage local et la sensibilité "droite sociale" de l'ex-maire de Valenciennes sont régulièrement évoqués par certains familiers du pouvoir comme étant des éléments manquant au dispositif actuel du président de la République. Un angle mort que Gérald Darmanin aimerait combler presque à lui seul.

Jules Pecnard