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Pour Mounir Mahjoubi, ce qui se passe avec les gilets jaunes "change le cours de l'Histoire"

Le secrétaire d'Etat chargé du Numérique publie ce mercredi dans Le Monde une tribune dans laquelle il incite entre autres les gilets jaunes à participer au grand débat national et ses collègues de la majorité à "ne pas caricaturer le mouvement".

Une volonté de ne pas "caricaturer le mouvement" et d'intégrer à la réforme constitutionnelle ce qui ressortira du grand débat national, auquel les gilets jaunes sont invités à participer. C'est ce qui ressort de l'intervention ce mercredi matin sur BFMTV de Mounir Mahjoubi, secrétaire d'Etat chargé du Numérique.

"Ce qui se passe depuis plusieurs semaines, c'est très important, ça change le cours de l'Histoire", a-t-il lancé sur le plateau de Bourdin Direct. Il publie aujourd'hui dans Le Monde une tribune dans laquelle il s'adresse "aux gilets jaunes, à tous les Français, à (ses) collègues et à la majorité parlementaire".

Le secrétaire d'Etat a souligné sur notre antenne la "responsabilité" du gouvernement de "changer la façon dont fonctionne cette République", après plusieurs semaines de contestation des gilets jaunes et un fort soutien des Français au mouvement. Reconnaissant la "difficulté" du processus, Mounir Mahjoubi a mis l'accent sur des "efforts à faire de part et d'autre".

"Ça nécessite qu'on ne caricature pas le mouvement"

"Ça va nécessiter de notre part, de la majorité, de la République en marche, des élus, des marcheurs à travers le territoire qu'on ne caricature pas le mouvement des gilets jaunes", a-t-il insisté.

Celui qui a aussi été élu député LaREM à Paris réserve le droit de l'exécutif d'être "capable de dénoncer les violences", mais prône une "écoute bienveillante" des revendications des gilets jaunes.

"Il faut entendre les messages très sincères et absolument essentiels (...) sur les fins de mois, sur les situations particulières des familles monoparentales", a-t-il donné en exemple.

En contrepartie de cette écoute, le secrétaire d'Etat incite les contestataires à participer au grand débat national qui doit se tenir sur le territoire dans les semaines à venir.

"Utilisez votre gilet jaune pour parler, échanger, faire valoir vos idées"

"On s'est engagés à ce que la réforme constitutionnelle qui arrive tienne compte de ce qu'on va se dire, mais si on veut que ça ce soit à l'image de cette grande transformation, il va falloir qu'ils participent", a-t-il rappelé, dénonçant des blocages qui "abîment les autres Français" selon lui. Et de résumer: "Il faut que les gens gardent leurs gilets jaunes s'ils veulent le garder. (...) Utilisez-le pour parler, échanger et faire valoir vos idées."

L'occasion de mentionner le référendum d'initiative citoyenne (RIC), qui s'est peu à peu imposé comme l'une des principales revendications des gilets jaunes. "Que le peuple puisse proposer des lois, je pense que c'est vraiment quelque chose sur lequel on doit avancer très vite, très fort, très loin", a estimé le secrétaire d'Etat, qui veut "débattre dans les détails" des modalités de ce référendum.

"Je ne suis pas pour la version du RIC quatre options, qui déstabilise la France tous les matins", a-t-il souligné, tout en se disant favorable à la mesure. "Il faut une nouvelle République, une République qui est plus participative. On a tous rêvé que les Français s'intéressent plus à la politique, ça y est", a-t-il conclu.

Liv Audigane