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Najat Vallaud-Belkacem sur l'école: " Plus besoin de redoublement"

Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, était mercredi matin l'invitée de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et sur RMC.

Invitée mercredi matin sur BFMTV et RMC, Najat Vallaud-Belkacem est revenue sur le nouveau système d'évaluation des élèves et son nouveau livret scolaire, du CP à la 3e. "C'est la première fois que, sur l'ensemble du territoire, ce livret scolaire est unique, uniforme. (...) Vous aurez le même type de livret scolaire quelle que soit la ville où vous vous installez, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent", se félicite la ministre de l'Education. "C'est très aisément compréhensible par les parents, avec des évaluations par matière, et des évaluations sur la discipline, sur l'absentéisme".

Ce nouveau bulletin sera consultable en ligne, sur Internet, par les parents. "C'est important", insiste Najat Vallaud-Belkacem, "je sais que c'est déplaisant pour les élèves qui attendait l'arrivée du courrier pour cacher le bulletin, mais c'est important que les parents soient associés à la scolarité de leur enfant".

Parmi les matières qui peuvent interroger: "Questionner le monde". C'est "commencer à avoir des repères", comme "comprendre les saisons" pour des élèves de CP, détaille Najat Vallaud-Belkacem. "Grande nouveauté" de cette année, l'"enseignement moral et civique": du CP à la terminale, tous les élèves suivront cette matière pour "entendre parler de morale" et "débattre" des "sujets d'actualité".

Pas de notes en primaire: c'est déjà le cas dans "80% des écoles primaires", précise la ministre. Les écoles primaires qui souhaitent continuer à mettre des notes pourront les ajouter sur le carnet scolaire, assure-t-elle, plaidant pour "la liberté pédagogique", en primaire comme au collège: "Au collège, on sera plus souvent sur de la notation", mais "les collèges sans notes tels qu'ils existent aujourd'hui pourront continuer à fonctionner ainsi".

Le redoublement va devenir exceptionnel

Chaque trimestre, les enfants auront toujours des bulletins, et "tous les trois ans, puisque désormais la scolarité fonctionne par cycle, en plus des bulletins trimestriels, ils auront une évaluation de fin de cycle". Cette évaluation permettra de "positionner" l'élève par matière et par rapport à sa classe, mais aussi "sur la progression qui doit être la sienne pour obtenir à l'âge de 16 ans le socle commun de connaissances. "On considère que tous les élèves, à la fin de leur période de scolarité obligatoire, doivent atteindre un niveau minimal, ambitieux, exigeant". Najat Vallaud-Belkacem évoque ici l'idée d'un "check-up des compétences" acquises par l'élève, tous les trois ans.

Si l'objectif n'est pas atteint à la fin du premier cycle, "la pédagogie au cycle suivant devra être individualisée, différenciée pour lui permettre (à l'élève, Ndlr) de rattraper son retard". Ainsi, "plus besoin de redoublement" pour des raisons de résultats scolaires. "Le fait de raisonner en trois ans rend beaucoup moins pertinent le redoublement, puisqu'on se donne trois ans pour que l'élève atteigne le niveau", s'explique la ministre. Les cas de redoublement seront réservés à des situations exceptionnelles, comme l'absentéisme répété.

Najat Vallaud-Belkacem insiste sur l'importance de la "cérémonie républicaine de remise du brevet", car "jusqu'à la fin du collège, tous les enfants étaient ensemble", donc l'obtention du brevet "ce doit être un moment très solennel", car "toute une classe d'âge se côtoie". Ainsi, "le premier mercredi de la rentrée scolaire qui suit, on va demander aux élèves de revenir dans leur collège d'origine, et de se faire acclamer, applaudir par des élus, par les parents et par les autres élèves du collège, plus jeunes, et qui verront des modèles de réussite". Ce qui est prévu dans les programmes pour atteindre ce premier cap, c'est "la pédagogie de la répétition".

La cour des comptes vient de pointer le coût exorbitant de chaque lycéen dans le système scolaire actuel. Au bac, le nombre d'épreuves "peut faire l'objet d'une simplification", admet la ministre, pour "aller vers plus d'économies" budgétaires.