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Mobilisation contre les violences policières: l'exécutif dans l'embarras

Emmanuel Macron et Edouard Philippe.

Emmanuel Macron et Edouard Philippe. - CHARLES PLATIAU / POOL / AFP

Alors que de nombreuses manifestations contre le racisme et les violences policières sont organisées ce samedi en France, Emmanuel Macron a pour le moment décidé de ne pas commenter ces événements.

Après le mouvement des gilets jaunes, la grève contre la réforme des retraites et la crise sanitaire, le gouvernement doit désormais faire face à une mobilisation croissante contre le racisme et les violences policières. Depuis la mort de l'Américain George Floyd, de nombreuses manifestations ont en effet été organisées en France pour rendre hommage à cet homme noir, asphyxié par un policier lors d'un contrôle mais aussi à des victimes françaises, comme le jeune Gabriel ou Adama Traoré

Interdits en raison de la persistance du Covid-19, ces rassemblements, prévus ce samedi à Paris et dans plusieurs villes de France, viennent s'ajouter à la découverte par le site Streetpress de messages racistes publiés sur un groupe Facebook rassemblant policiers et gendarmes, qui a poussé Christophe Castaner à réclamer l'ouverture une enquête préliminaire auprès du Parquet de Paris.

Le silence de d'Emmanuel Macron

Des faits sur lesquels Emmanuel Macron a choisi de ne pas s'exprimer, préférant laisser la Garde des Sceaux et le ministre de l'Intérieur en première ligne.

"Son silence est volontaire, il ne souhaite pas réagir publiquement à ces événements", a confirmé à BFMTV l'Elysée qui précise que le président de la République suit toutefois la situation de très près.

Pourtant, au sein de la majorité, certains proches du chef de l'Etat le pressent de prendre la parole pour ne pas laisser la situation s'envenimer. Selon eux, Emmanuel Macron devrait s'exprimer rapidement pour rassurer les Français, montrer aux manifestants qu'il les entend et qu'il comprend leur colère. Un positionnement délicat à trouver pour le président qui doit parallèlement veiller à ne pas désapprouver les forces de l'ordre.

"Le pays est au bord de la dépression nerveuse", affirmait ce samedi à BFMTV un expert qui estime que "l'exaspération des Français a été amplifiée avec la crise sanitaire". 

Le gouvernement marche aujourd'hui sur une ligne de crête, et doit gérer la crise sanitaire mais aussi économique et sociale qui s'annonce, tout en poursuivant les réformes et en essayant de contenir cette colère. Alors qu'un tournant économique et social est attendu, le président de la République ne doit pas pour autant, selon son entourage, renier ce qui a été entamé eu début de son quinquennat. 

Elisa Bertholomey, avec Mélanie Rostagnat