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Mariage homo: "Hollande veut du sang"

Frigide Barjot

Frigide Barjot - -

Les opposants à la loi autorisant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels ne goûtent guère le calendrier avancé du gouvernement. Pour Frigide Barjot, c'est "un couperet qui tombe sur la tête du peuple".

François Hollande, Jean-Marc Ayrault et le gouvernement accélèrent. Le projet de loi sur le mariage homosexuel, adopté vendredi par le Sénat, reviendra à l'Assemblée nationale dès mercredi prochain, soit près d'un mois et demi avant la date prévue initialement.

Les larmes de Barjot, "furieuse"

Mais ce chamboulement du calendrier irrite au plus haut point les opposants au "mariage pour tous". "C'est une honte. Les Français ne veulent pas de ce projet de loi et que font-ils? Ils accélèrent", a déclaré, au bord des larmes, la porte-parole du collectif "La Manif pour tous", Frigide Barjot.

"Un couperet vient de tomber sur la tête du peuple, a-t-elle poursuivi. Hollande veut du sang, il en aura! Tout le monde est furieux. Nous vivons dans une dictature", s'est-elle emportée, alors que son mouvement a appelé à manifester dans la soirée à proximité du Sénat, tout comme le mouvement Civitas.

"Le président de la République a décidé de nous guillotiner. Si ce (vendredi) soir il fuse des 'Hollande démission', contrairement aux autres fois je n'empêcherais pas les slogans", a-t-elle ajouté.

"Un coup d'Etat", l'UMP monte (aussi) au créneau

De son côté, le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, a estimé que "le président de la République prend le risque d'une confrontation violente avec les Français".

Des propos jugés "irresponsables" par l'une des porte-parole des députés PS, Annick Lepetit. "Depuis des semaines, il refuse de condamner la dérive extrémiste du mouvement des opposants (...). Aujourd'hui, il justifie d'avance ce 'risque de violence'. C'est indigne d'un responsable parlementaire qui a le devoir de défendre le Parlement des pressions et des intimidations."

Aux yeux de cette députée de Paris, "ces déclarations à l'emporte-pièce confirment la déliquescence politique de l'UMP, qui a pour seule stratégie de coller à l'extrémisme".

"Le but pour la gauche est également de court-circuiter la grande manifestation prévue le 26 mai prochain à Paris contre ce projet de loi. Quel mépris pour le Parlement comme pour le peuple français. Cette décision est le signe de la dérive d'un gouvernement aux abois qui panique", a déclaré Jean-François Copé le président de l'UMP:

"C'est un coup d'Etat, c'est invraisemblable, a réagi Hervé Mariton, orateur pour le groupe UMP sur ce texte. C'est l'humiliation du Parlement!".

"En accélérant la procédure législative pour échapper à la manifestation prévue par les opposants au 'mariage pour tous' le 26 mai prochain, le chef de l'Etat et sa majorité sont prêts au pire: c'est une incitation à la guerre civile", s'est lui emporté le député UMP Philippe Gosselin dans un communiqué.

L'UDI s'est montrée elle aussi circonspecte sur cette accélération. "C'est le signe que la majorité a fait le choix une nouvelle fois, sur un tel débat de société, de diviser les Français plutôt que de les rassembler", estime son porte-parole, Philippe Vigier.

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S. A. avec AFP