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Macron démissionne, et maintenant?

Emmanuel Macron, le 13 avril 2016.

Emmanuel Macron, le 13 avril 2016. - Eric Piermont - AFP

Après deux ans à Bercy, le ministre de l'Economie a donné sa démission mardi après-midi. Il a désormais le champ libre pour préparer son avenir, à moins d'un an de la présidentielle.

Quel avenir pour Emmanuel Macron? Maintenant que le ministre de l'Economie a quitté son poste, deux ans après sa nomination à Bercy, il est libre d'agir comme il l'entend, sans être tributaire de la ligne gouvernementale.

Le 6 avril dernier, l'ancien banquier d'affaires a lancé son propre mouvement, "En marche", suivi d'une campagne de porte-à-porte. Objectif: se constituer une base de données, et tester ses arguments de campagne, comme le rappelait il y a quelques semaines le communicant Philippe Moreau-Chevrolet à BFMTV.com. En tout, 100.000 personnes ont été interrogées, selon le mouvement.

Vers une candidature hors primaire

Quelques semaines plus tard, le 12 juillet, Emmanuel Macron a organisé le premier meeting de sa formation à la Mutualité. L'occasion pour lui de s'affranchir de François Hollande, mais sans jamais citer l'échéance présidentielle de 2017. Pourtant, le discours prononcé à l'époque laisse peu de place au doute. "Ce mouvement, nous le porterons ensemble jusqu'à 2017 et jusqu'à la victoire", lance-t-il à la foule.

Une candidature, oui, mais à quelle élection? Là encore, le choix semble déjà fait. Si le ministre veut se présenter à la primaire de gauche, entérinée par le PS, il a jusqu'au 15 décembre, jour de la clôture des candidatures, pour se déclarer. Mais en juin dernier, Emmanuel Macron s'était dit dans La Voix du Nord "pas intéressé" par le principe. Il affirmait alors vouloir mener son mouvement "vers un projet progressiste pour le pays", et souhaiter "que ce projet progressiste porte son offre en 2017. Nous nous inscrivons volontairement dans ce calendrier mais de manière positive et pas personnelle".

Développer "En marche"

Son choix interroge jusque dans le camp de la majorité. Bruno Le Roux lui-même, chef de file des députés PS, le dit sur Twitter: "démission ou pas, la seule question qui vaille est celle de la loyauté au président". Sous-entendu: merci à Emmanuel Macron d'en dire plus rapidement sur ses intentions.

Mais, à présent libéré de toute obligation gouvernementale, l'intéressé pourrait aussi choisir de prendre son temps avant de se lancer officiellement. D'autant que le travail à accomplir est considérable s'il souhaite aller jusqu'au bout: il lui faut encore développer son mouvement, analyser les données collectées, rédiger un programme et lever des fonds. Emmanuel Macron lui-même annonçait en juillet, peu avant son meeting, qu'il livrerait "le diagnostic" de la grande consultation des "marcheurs" à l'automne.

Dans son camp, on ne cache pas une certaine hâte: "ce que je crois, c'est qu'il faut qu'il se mette 'en marche' au cas où Hollande n'irait pas", glissait ainsi lundi à Libération le maire de Lyon Gérard Collomb. Il appelle désormais Emmanuel Macron à "se tenir prêt". 

A. K.