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L'étrange pot de départ groupé de l'Élysée, entre tristesse et distribution de vannes

Stephane Séjourné, Sylvain Fort, Julien Denormandie, Sibeth Ndiaye,  Benjamin Griveaux, et  Arnaud Leroy

Stephane Séjourné, Sylvain Fort, Julien Denormandie, Sibeth Ndiaye, Benjamin Griveaux, et Arnaud Leroy - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Lundi soir, le chef de l'État a fait ses adieux à 17 de ses conseillers. L'occasion pour lui de tourner une page, et pour d'autres de constater combien son équipe s'amenuise par gros temps.

"Je n'aime pas quand les gens partent". Cette phrase, Emmanuel Macron l'a prononcée lundi soir, lors du curieux pot de départ groupé organisé à l'Élysée en l'honneur de 17 conseillers démissionnaires du chef de l'État. Selon les récits concordants de plusieurs médias, l'ambiance était teintée à la fois de tristesse et de raillerie. 

En plus des premiers concernés, qui se sont disséminés un peu partout, certains à des postes ministériels, d'autres dans le privé ou dans la promotion d'un pamphlet plutôt fraîchement accueilli, quelques grognards de la Macronie se sont joints aux agapes. Notamment le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand ou le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. 

Comme l'a révélé Le Figaro, la "papesse" controversée de la presse people, Mimi Marchand, objet d'un récent livre-enquête et amie du couple Macron, était également parmi les convives. 

À chacun sa "petite vanne"

Le propos liminaire d'Emmanuel Macron a duré plus d'une heure. Question d'équité: lui-même surpris du nombre de conseillers présents pour leur pot, le président s'est astreint à faire du sur-mesure pour chacun d'entre eux, comme le rapporte Le Parisien. Une manière, peut-être, de compenser la gestion erratique des ressources humaines sous sa houlette.

"Personne n'a échappé à une petite vanne", a confié l'un des démissionnaires au Parisien. Antoine Peillon, conseiller énergie, environnement, transports parti rejoindre le cabinet du patron de La République en marche Stanislas Guerini, s'est vu adresser ce propos:

"Vous lui devez la taxe carbone, remerciez-le tous. Grâce à Antoine, j'ai pu me déplacer partout, dans tous les territoires." 

"Cycle naturel"

Quelques heures de légèreté, donc, de répit presque, pour un chef de l'État en pleine phase de "restitution" du grand débat national. Au moment où beaucoup ont le regard tourné vers l'Élysée, centre névralgique de prise de décision en France, du moins dans l'inconscient collectif, son locataire voit son équipe s'amenuiser considérablement.

"On voyait 17 personnes alignées derrière le président, dont les trois-quarts étaient des piliers de sa campagne, qui quittaient le navire", a déploré une source auprès du Figaro

Pour Emmanuel Macron, à en croire le récit du Point, ce turnover n'est qu'une forme de "renouvellement", une étape dans un "cycle naturel" qui rythme la vie au sommet de l'État. C'est d'ailleurs ce qu'en a dit l'une des partantes les plus remarquées, Sibeth Ndiaye, conseillère presse puis communication devenue porte-parole du gouvernement. 

Lors du point-presse hebdomadaire en sortie de Conseil des ministres, son deuxième depuis sa prise de fonction, la promue a trouvé "naturel" ce renouvellement, levant un coin de voile sur la vie éreintante d'un conseiller élyséen. 

"C'est un investissement personnel, familial, vis-à-vis de vos enfants, qui est très chronophage, et donc c'est normal qu'il y ait ce renouvellement à peu près à la mi-mandat", a résumé Sibeth Ndiaye. 
Jules Pecnard