BFMTV

Fillon sur PSA : "un terrible aveu" pour la gauche

La porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem

La porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem - -

François Fillon a reconnu jeudi soir que Nicolas Sarkozy était intervenu pour repousser le plan social à l'après-présidentielle. Une révélation "extrêmement grave" selon le gouvernement.

Les socialistes ont vivemement réagi vendredi suite aux propos de l'ancien Premier ministre François Fillon, tenus la veille sur France 2 lors de l'émission "des paroles et des actes", assurant que Nicolas Sarkozy avait "demandé qu'on repousse le plan social" de PSA à après la présidentielle.

L'ancien Premier ministre a reconnu que Nicolas Sarkozy avait demandé au président de PSA, Philippe Varin, de "repousser son plan social" à l'après-présidentielle.

"On a un président de la République qui ne veut pas effectivement" de ce plan social, a rappelé l'ex-Premier ministre. "Il ne demande pas qu'on repousse l'annonce, il demande qu'on repousse le plan social, ça ne revient pas du tout au même", a ajouté François Fillon, en évoquant "un choix politique".

"Le cynisme absolu" de Sarkozy

La première à réagir fut Najat Vallaud-Belkacem. Vendredi, la porte-parole du gouvernement a jugé "extrêmement grave" le fait que Nicolas Sarkozy ait pu intervenir pour faire repousser le plan social chez PSA Peugeot Citroën.

"Retarder le plan social lui-même, ça veut dire que les difficultés de trésorerie s'accumulent, ça veut dire que le plan social du coup n'en est que plus important, donc c'est extrêmement grave", a dénoncé Vallaud-Belkacem.

Pour cette dernière, Nicolas Sarkozy "était dans le cynisme absolu, dans la recherche de l'intérêt électoraliste pur et à court terme", tandis que "Jean-Marc Ayrault, est dans la recherche permanente de solutions".

Un"terrible aveu"

Quelques heures plus tard, c'est au tour du président du groupe PS à l'Assemblée de monter au créneau. Dans un communiqué, Bruno Le Roux qualifie de "terrible aveu" la déclaration de François Fillon sur France 2.

"Le seul véritable intérêt du non-débat Fillon-Copé du 25 octobre, au-delà de l'évidente dérive de la droite républicaine qui ne surprend malheureusement plus personne, est le terrible aveu de François Fillon concernant PSA" écrit le député de Seine-Saint-Denis.

Selon lui, Sarkozy "a exigé et obtenu que PSA retarde la réorientation de sa stratégie".

Des "interprétations erronées"

L'ancien Premier ministre avait déclaré jeudi soir sur France 2 que pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait "demandé qu'on repousse" non pas l'annonce d'un plan social chez le constructeur automobile mais le "plan social" lui-même. Ce plan social, qui prévoit 8.000 suppressions d'emplois, a finalement été annoncé en juillet.

Une déclaration sur laquelle est revenu François Fillon vendredi matin, via un communiqué de presse. Le candidat à la présidence de l'UMP y dénonce "les interprétations erronées" de ses propos sur PSA lors de l'émission Des paroles et des actes diffusée la veille sur France 2.

L'amnésie de Xavier Bertrand

"Nicolas Sarkozy n'a pas demandé qu'on repousse l'annonce du plan social, mais que tout soit tenté pour l’éviter, comme il a toujours essayé de le faire pour toutes les entreprises pendant cinq ans" indique le communiqué.

De son côté, l'ancien ministre du Travail Xavier Bertrand a démenti vendredi matin sur RTL l'éventuelle intervention de Nicolas Sarkozy, disant ne "pas" avoir "le même souvenir" des événements.