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"En marche": Macron gonfle le nombre d'adhérents à son mouvement

Depuis le lancement de son mouvement, les soutiens d'Emmanuel Macron se mobilisent. Mais en termes de nombre d'adhésions, les comptes sont encore loin d'être sûrs.

Il ne marche plus il plane. Depuis son lancement la semaine dernière, le mouvement politique d'Emmanuel Macron a déjà engrangé 25.000 adhérents, selon les chiffres donnés par son entourage à BFMTV. Enfin, s'ils n'ont pas fait d'erreurs de calcul.

Le ministre de l'Economie assurait dimanche sur France 2 recueillir "une adhésion toutes les trente secondes", soit 13.000 depuis son lancement. Il ne s'agit en réalité que de 13.000 clics comptabilisés sur le site d'"En marche", selon le Canard enchaîné.

L'adhésion est facile, rapide et gratuite. Elle revient à la simple création en ligne d'un compte sur le site dépouillé du mouvement. Il faudra voir si elles se traduiront en véritable engagement. La mayonnaise prend visiblement auprès des Français. Une très large majorité "préfère" Emmanuel Macron à François Hollande et même à Manuel Valls, selon un sondage Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio publié mardi.

Son discours libéral séduit auprès des étudiants et des entrepreneurs notamment.

"La politique ne m'intéresse pas forcement mais le mouvement d'Emmanuel Macron se place au-dessus de la politique, c'est ça qui m'a interpellé, enfin un mouvement qui nous parle", explique Jean-Charles Varlet, co-fondateur de "la crème de la crème", une start-up qui monte. Ce diplômé de l'Essec va même plus vite que la musique jouée actuellement par le locataire de Bercy. "Pour moi, il doit être candidat".

Côté politique, une dizaine de parlementaires adhèrent à la démarche. Et l'aspect "ni de gauche ni de droite plaît évidemment au centre. Pour l'eurodéputée Modem Sylvie Goulard, il est indispensable de dépasser les clivages pour réformer le pays, "d'essayer d'être constructif et pas se poser tout le temps des questions d'étiquette". Elle sourit aux critiques en ajoutant: "Ce n'est pas une secte avec un gourou".

Trouver le bon rythme

Mais à gauche comme à droite, les critiques sont nombreuses. Certains dénoncent une façon de faire de la politique "à l'ancienne", "une démarche individuelle", d'autres vont jusqu'à réclamer sa démission du gouvernement.

Emmanuel Macron reste pour l'instant sur sa ligne et assure se consacrer avant tout à Bercy sans penser à 2017. "Je fais jour et nuit ma fonction de ministre comme je l'ai toujours fait. Je continuerai à travailler en tant que ministre et de manière régulière, dans un cadre approprié, à m'exprimer en tant que président de ce mouvement pour préciser la méthode et le fond, en temps voulu et au bon rythme", expliquait-il mardi à BFMTV.

Jeudi, il lui sera pourtant difficile d'écouter François Hollande sur France 2 comme il l'avait pourtant assuré à Laurent Delahousse dimanche. Emmanuel Macron dînera en effet à Londres avec des banquiers et des chefs d'entreprises, à l'invitation d'un cadre de Goldman Sachs, au moment où, à Paris, François Hollande participera à l'émission.

K. L. avec Jérémy Trottin