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Ecoutes de Sarkozy: Taubira et Valls savaient, selon "Le Canard Enchaîné"

La "Une" du "Canard enchaîné" mercredi 12 mars

La "Une" du "Canard enchaîné" mercredi 12 mars - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

En réponse aux protestations de l'opposition, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait défendu la ministre de la Justice, assurant qu'"il n'y a en aucun cas une immixtion de la Garde des Sceaux, de l'exécutif, dans le déroulement des instructions judiciaires".

Selon le Canard Enchaîné à paraître mercredi, le parquet général a transmis le 26 février dernier, date de l'ouverture de l'information judiciaire, une synthèse des écoutes de Nicolas Sarkozy et de son avocat à Christiane Taubira. Une procédure "normale", selon un haut magistrat. Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls lui aussi a été tenu informé, selon l'hebdomadaire.

"Il faut que la droite française s'habitue à ce que la justice fonctionne en toute indépendance. Les moeurs du passé, c'est fini", a pourtant assuré Jean-Marc Ayrault face aux protestations de l'opposition, qui voit ici "un problème de respect des libertés publiques".

"Il n'y a en aucun cas une immixtion de la garde des Sceaux (Christiane Taubira), de l'exécutif, dans le déroulement des instructions judiciaires, c'est la garantie que je dois donner, que je veux donner aux citoyens", a déclaré le Premier ministre. Christiane Taubira elle-même avait nié connaître l'existence de ces écoutes.

Le président de l'UMP Jean-François Copé, lui, voudrait savoir si le chef de l'Etat était "oui ou non au courant". Le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, a demandé pour sa part une session du Parlement à ce sujet.

De son côté, François Hollande a confirmé qu'il répondrait en personne aux magistrats qui lui ont adressé une lettre à propos des écoutes. Mais "le droit de la défense, ce n'est pas au président de juger", il "doit garantir le bon fonctionnement de la justice", a estimé son entourage.

S.A.