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Députés LREM: Castaner reconnaît "des maladresses" mais revendique "le droit à l'erreur"

Évoquant l'incident avec la vice-présidente de l'Assemblée nationale, Christophe Castaner a dénoncé "les vieux briscards" qui "s'amusent de voir une femme sur le plateau de l'Assemblée nationale".

Christophe Castaner défend ses troupes. Le porte-parole du gouvernement était ce jeudi l'invité de BFMTV et RMC. Interrogé sur les débuts difficiles des députés LREM à l'Assemblée nationale, il a reconnu que "oui, il y a des maladresses".

"De temps en temps, ils se prennent les pieds dans le tapis". Mais selon lui, "on a le droit à l'erreur à condition que ce ne soit pas grave", a-t-il insisté.

"Ce qui compte, c'est l'efficacité"

Et il estime que "ce qui compte, c'est l'efficacité", précisant que la session parlementaire extraordinaire se terminerait "la semaine prochaine", avec une quinzaine de jours d'avance. "On a fait le choix de mettre une nouvelle génération aux responsabilités", a-t-il déclaré, ajoutant que c'était "le risque" mais que ça n'avait "pas fait dérailler".

Évoquant l'incident avec la vice-présidente de l'Assemblée nationale - la macroniste Carole Bureau-Bonnard a dû quitter le perchoir après une séance chaotique, François de Rugy a été rappelé en urgence - Christophe Castaner a dénoncé "les vieux briscards" qui "s'amusent de voir une femme sur le plateau de l'Assemblée nationale" qui "la bousculent avec les bonnes vieilles ruses".

"Ce ne sont pas des professionnels de la politique", a-t-il ajouté, estimant qu'ils allaient apprendre. "Ils sont très présents à l'Assemblée nationale, il y a de vrais débats, je n'ai jamais vu autant de monde dans l'hémicycle avec cette particularité d'avoir des députés non cumulards, et c'est une première."

"On fait les poches de personne"

Également interrogé sur l'annonce de la baisse des APL de cinq euros, qui a suscité la controverse, il a déclaré qu'il s’agissait d'une "urgence". Il a justifié cette décision, reconnaissant qu'elle avait été "brutale", en assurant que l'État ne pourrait pas "financer à la fin de l'année les APL". Et a ajouté:

"Il nous fallait trouver 4,5 milliards d'euros pour ramener le déficit de la France à 3% (...) Il n'est pas sain dans ce pays de dépenser chaque année un peu plus que l'année d’avant (...) On a fait le choix de ne pas augmenter les impôts (...) On fait les poches de personne."

Autre argument mis en avant par le porte-parole du gouvernement pour justifier cette baisse: "76% de l'APL va directement dans la poche du propriétaire et contribue à augmenter le loyer". Il a annoncé que le gouvernement allait "mettre à plat" dès cet automne "tout le dispositif de politique du logement pour qu'il soit efficace".

"Nous avons été élus pour réformer le pays"

Christophe Castaner a également évoqué la réforme du code du travail, qui divise l'opinion publique.

"Nous avons été élus pour réformer le pays. Faire des choix, mettre en œuvre une politique, c'est prendre des risques. La difficulté, c'est que réformer ça ne se fait pas avec une baguette magique."

Selon lui, cette réforme "n'a qu'un seul objectif: faire en sorte qu'on puisse aller vers un taux de chômage plus faible qu'aujourd’hui".

Dans le détail, le porte-parole du gouvernement a évoqué "des CDD adaptés" et l'importance de "laisser aux branches" le soin "d'adapter le CDI à la particularité de tel ou tel métier". Il faut, selon lui, "aller vers des outils efficaces".

Céline Hussonnois-Alaya