BFMTV

Ayrault réprouve vivement les confidences de Hollande sur des opérations secret défense

François Hollande et Jean-Marc Ayrault, le 2 juin 2016.

François Hollande et Jean-Marc Ayrault, le 2 juin 2016. - Stéphane de Sakutin - AFP

Alors qu'il compte parmi les proches et fidèles de François Hollande, Jean-Marc Ayrault s'en prend à son tour aux confidences du chef de l'Etat, jugeant, en parfait écho au titre du livre qui les rapporte, qu'"un président ne devrait pas dire ça". Une critique aussi vive qu'inhabituelle de la part de l'actuel ministre des Affaires étrangères.

Les confidences explosives de François Hollande n'en finissent pas d'indigner. Cette fois, l'attaque vient de son ancien Premier ministre (2012-2014), revenu au gouvernement comme ministre des Affaires étrangères. Interrogé ce mardi par les journalistes de l'Association de la presse diplomatique, reçus au quai d'Orsay, sur les révélations des journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme dans Un président ne devrait pas dire ça, Jean-Marc Ayrault a mis sa fidélité de côté en reprenant à son compte et mot pour mot le titre du livre:

"'Un président ne devrait pas dire ça'... la réponse est dans le titre, c'est la seule chose intéressante du livre", a-t-il taclé à l'adresse de François Hollande.

"Au moins quatre" assassinats ciblés

La question posée, rapporte L'Opinion, portait en particulier sur un passage du livre dans lequel le chef de l'Etat explique avoir "décidé au moins quatre" assassinats ciblés pendant son mandat. "Mais d'autres présidents ont fait davantage", explique François Hollande aux deux journalistes du Monde.

Le Président fait référence aux opérations d'assassinats ciblés de terroristes confiées au Service action de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure), le contre-espionnage français, dont les activités, menées en territoire étranger, sont par nature clandestines et couvertes par le secret défense.

Jean-Marc Ayrault est en outre nommément cité dans le livre: il "fait le métier sans enthousiasme excessif", "il est tellement loyal qu'il est inaudible", dit notamment de lui François Hollande, qui l'avait choisi comme premier chef de gouvernement de son quinquennat.

Cela "relève du TPI", met en garde Mélenchon

Un peu plus tôt mardi sur BFMTV et RMC, le candidat à la présidentielle et cofondateur du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon avait mis en garde François Hollande sur le fait que les "assassinats" de jihadistes évoqués dans ce livre "relev(ai)ent en principe du tribunal pénal international".

"Je mets en garde François Hollande. Il ferait bien d'y réfléchir. La France a signé (pour) le tribunal pénal international et le Mali aussi". "Il y a un problème, il y en aura un bien vite. J'espère qu'il va démentir ce qu'il y a dans le livre qui lui est consacré où il reconnaît des assassinats ciblés", a déclaré Jean-Luc Mélenchon sur notre antenne.

"La vérité, c'est que c'est un assassinat décidé en haut lieu". "En principe, ce genre de comportements relève du tribunal pénal international, mais c'est une autre histoire", a-t-il insisté.

Violette Robinet avec AFP