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Avec le nouveau gouvernement, Macron fait des œillades à la gauche

Avec le gouvernement Philippe II, Emmanuel Macron fait de la place à des personnalités du PS et du PRG. Au total, sept ministres sont issus de la gauche.

Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont formé ce mercredi un gouvernement étoffé, après la cascade de démissions enregistrées depuis lundi, avec 30 membres, 15 hommes et 15 femmes, dont une majorité proviennent de la société civile. Un gouvernement qui accorde davantage de place à la gauche et qui réunit plusieurs sensibilités, des socialistes aux radicaux.

7 ministres de gauche

Cinq nouveaux ministres ont en effet fait leur entrée dans le gouvernement Philippe II. Deux sont issues du Parti socialiste: la juriste et membre du Conseil constitutionnel Nicole Belloubet, élue locale socialiste, nommée à la Justice pour succéder à François Bayrou. Mais aussi Florence Parly, membre du PS depuis 1995 et ancienne vice-présidente du conseil régional de Bourgogne, nommée aux Armées pour succéder à Sylvie Goulard. Florence Parly avait également été la secrétaire d'Etat de Lionel Jospin à compter de janvier 2002. 

Jacques Mézard, issu du PRG mais qui a rallié Emmanuel Macron, devient quant à lui ministre de la Cohésion des territoires, remplacé à la tête de l'Agriculture et de l'alimentation par Stéphane Travert, ancien PS et député élu dans la Manche sous l'étiquette du parti d'Emmanuel Macron. Avec Gérard Collomb, Jean-Yves Le Drian et Annick Girardin, le PS est plutôt bien servi au sein du gouvernement.

Le benjamin du gouvernement a 31 ans

Le premier gouvernement Edouard Philippe avait été critiqué pour ne pas avoir suffisamment fait entrer des représentants de la gauche et avoir préféré faire la part belle aux personnalités de la droite. Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise, avait d'ailleurs dénoncé un "gouvernement de droite".

Trois figures du parti Les Républicains étaient en effet entrées au gouvernement, avec Edouard Philippe, Gérald Darmanin et Bruno Le Maire. Avec ces nominations, Emmanuel Macron piochait ainsi chez les juppéistes, lemairistes et sarkozystes, réussissant ainsi un coup politique.

Parmi les nouveaux ministres de droite qui ont été nommés ce mercredi figure Sébastien Lecornu, secrétaire d'État à la Transition écologique. Ce proche de Bruno Le Maire devient le plus jeune membre du gouvernement à 31 ans. Jean-Baptiste Lemoyne, proche d'Alain Juppé et sénateur de l'Yonne qui a rallié Emmanuel Macron après l'éclatement de l'affaire Fillon, devient quant à lui secrétaire d'État à l'Europe et aux Affaires étrangères.

Les centristes ne sont pas oubliés

Pour ce second gouvernement, Emmanuel Macron n'en a pas pour autant oublié les centristes, et particulièrement le Modem, alors que François Bayrou, le président du parti et ancien ministre de la Justice, ainsi que Marielle de Sarnez, vice-présidente du mouvement centriste et ministre des Affaires européennes, ont démissionné. Tout comme Sylvie Goulard, à la tête des Armées, empêtrée dans une enquête sur des soupçons d'emplois fictifs présumés au Modem.

La sénatrice Jacqueline Gourault, nommée ministre auprès du ministre de l'Intérieur, est une très proche de François Bayrou qu'elle accompagne dans l'ombre depuis plus de trente ans. Elle fait également partie de l'équipe dirigeante du Modem. Geneviève Darrieussecq, maire de Mont-de-Marsan, dans les Landes, élue en 2008 sous l'étiquette du parti fondé par le maire de Pau, est quant à elle devenue ce mercredi secrétaire d'État auprès de la ministre des armées. Elle a cependant été élue députée dimanche dernier sous la bannière La République en marche.

Interrogé sur le qualificatif "hybride" accolé à son gouvernement, le Premier ministre a déclaré mercredi soir sur TF1: "Utiliser le terme 'hybride' ferait sûrement plaisir à Nicolas Hulot. Je ne sais pas si c'est le cas, je crois que la situation est claire. Je pense qu'il était préférable que la recomposition politique soit validée par les Français aux législatives."

Céline Hussonnois-Alaya