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Gilets jaunes: des députés LFI dénoncent une "récupération politique" de l'attentat de Strasbourg

Adrien Quatennens

Adrien Quatennens - BFMTV

Jeudi, plusieurs députés de la France insoumise ont dénoncé la "récupération politique" de l'attentat de Strasbourg par le gouvernement qui appelle les gilets jaunes à ne pas manifester.

Les députés de la France insoumise Adrien Quatennens et Eric Coquerel ont dénoncé jeudi une "récupération politique" de l'attentat de Strasbourg de la part du gouvernement qui a appelé dans la foulée les gilets jaunes à ne pas manifester samedi.

"Récupération politique"

Aux gilets jaunes qui ont propagé sur les réseaux sociaux des théories complotistes voyant dans l'attaque de Strasbourg la main de l'État pour détourner l'attention de leur mouvement, Adrien Quatennens a dit sur BFMTV et RMC que c'était "absolument hors de toute vérité" et "pas raisonnable", car "le ministre de l'Intérieur et le Premier ministre font tout ce qu'ils peuvent sur ce sujet" du terrorisme.

Reste que "certains s'interrogent sur l'effet produit (par l'attentat, NDLR) sur la mobilisation, car certains responsables ont fait de la récupération politique", a-t-il ajouté, citant le nom de la ministre de la Justice Nicole Belloubet qui a jugé mercredi que "le mouvement doit cesser".

"Ni raisonnable, ni respectable"

Après avoir dit que les gilets jaunes n'étaient "pas soucieux de l'urgence climatique" car ils manifestaient contre la hausse de la taxe carbone, et qu'ils étaient "violents", "on va leur dire maintenant "rentrez chez vous et ne manifestez pas parce que sinon vous seriez quelque part complices des risques terroristes"", s'est-il insurgé.

Sur franceinfo, Eric Coquerel a lui aussi critiqué "une récupération politicienne de ce qui s'est passé à Strasbourg", qui n'est "ni raisonnable, ni respectable".

Il a rejeté l'argument de "l'état de fatigue" des policiers avancé par les autorités pour appeler à cesser de manifester, notant que les forces de l'ordre "sont dans une situation qui est dure pour (elles), mais (que) ça ne date pas de l'attentat de Strasbourg".

"Pas décidé d'interdire les manifestations"

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a indiqué jeudi que le gouvernement n'avait "à ce stade pas décidé d'interdire les manifestations" des "gilets jaunes" samedi, mais les a appelés à être "raisonnables" après l'attaque de Strasbourg et à "ne pas manifester".

Outre Nicole Belloubet, le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand et le ministre de la Transition écologique François de Rugy ont, eux, exhorté jeudi les manifestants à complètement stopper leur mobilisation.

B.L. avec AFP