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Attaque de Strasbourg: le point sur l'enquête à midi

Des secours présents dans la rue des Orfèvres à Strasbourg après l'attaque, le 11 décembre 2018.

Des secours présents dans la rue des Orfèvres à Strasbourg après l'attaque, le 11 décembre 2018. - Abdesslam Mirdass - AFP

L'auteur de l'attaque meurtrière de Strasbourg mardi soir est toujours en fuite. Un appel à témoins a été diffusé pour retrouver Chérif Chekatt, un Strasbourgeois de 29 ans.

Peu avant 20h mardi, un homme armé d'un couteau et d'une arme à feu de calibre 8mm a fait irruption aux abords du marché de Noël de Strasbourg. Commençant son périple meurtrier rue des Orfèvres, il a tué trois hommes - un quatrième est en état de mort cérébrale - avant d'échanger des coups de feu avec les militaires Sentinelle et de prendre la fuite en taxi.

Le profil de l'assaillant présumé

Les autorités ont diffusé mercredi un appel à témoins afin de retrouver Chérif Chekatt, tireur présumé. Âgé de 29 ans, le Strasbourgeois mesure 1m80, est de corpulence normale et porte une marque sur le front. Les autorités décrivent "un individu dangereux" et demandent aux éventuels témoins de ne pas intervenir eux-mêmes.

L'homme a un lourd passé judiciaire: 27 condamnations de droit commun figurent à son casier. Il devait d'ailleurs être interpellé mardi matin pour une tentative d'homicide. Des membres des services de renseignement accompagnaient la gendarmerie. 

Les premiers éléments de l'enquête

  • "Au regard du lieu ciblé, du mode opératoire, de son profil", la section antiterroriste du parquet de Paris - compétente sur tout le territoire - s'est saisie de l'enquête. Le procureur de la République de la capitale a notamment rapporté que des témoins l'avaient entendu crier "Allahou akbar".

Depuis un signalement de l'administration pénitentiaire en 2015, il fait l'objet d'une fiche S de bas niveau - qui n'est pas un motif d'incarcération à elle seule. Chérif Chekatt a été inscrit en janvier 2016 au FSPRT, le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste. Une affiche d'Oussama Ben Laden avait notamment été retrouvée dans sa cellule en 2008. 

"Rien ne permettait de détecter un passage à l'acte dans sa vie courante", a cependant assuré mercredi matin sur France Inter Laurent Nuñez, secrétaire d'Etat à l'Intérieur. Son suivi n'a pourtant pas été interrompu jusqu'à la fusillade. 

Une enquête a été ouverte pour "assassinat et tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteur terroriste".

La traque

Le tireur est toujours en fuite depuis mardi soir. Dans des circonstances encore floues, il a réussi à prendre un taxi pour se rendre dans le quartier du Neudorf, où a eu lieu un nouvel échange de tirs avec la police, avant qu'il ne disparaisse. Le chauffeur de taxi, indemne, a indiqué aux forces de l'ordre que l'assaillant était blessé. Selon une information du Parisien confirmée par BFMTV, le tireur lui a dit avoir perpétré les meurtres pour "venger ses frères morts en Syrie". 

Environ 720 membres des forces de l'ordre sont encore à sa recherche ce jeudi. Des perquisitions ont été menées à Neudorf, sans succès. Le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Laurent Nuñez a déclaré mercredi qu'il était possible qu'il ne se trouve plus sur le territoire français, du fait de la proximité de Strasbourg avec l'Allemagne.

Quatre proches du suspect ont été placés en garde à vue et y sont toujours ce jeudi: ses parents et ses deux frères, dont l'un est aussi fiché S. 

Qui sont les victimes?

Parmi les morts figure un Strasbourgeois d'une soixantaine d'années, tué à la sortie d'un restaurant. Il attendait sa femme et son fils à l'extérieur lorsque l'assaillant est arrivé sur la terrasse. Touché à la tête, il est mort avant l'arrivée des secours. Un touriste thaïlandais de 45 ans, venu profiter des illuminations de Noël avec sa femme, a lui aussi été tué par l'assaillant.

Un troisième homme a été déclaré officiellement décédé ce jeudi, après avoir été en état de mort cérébrale pendant une journée. Il devait emmener sa femme et ses trois enfants au marché de Noël.

  • "Un homme l'a interpellé par derrière, tapant sur son épaule, en lui disant 'Eh monsieur', il s'est retourné et il s'est pris une balle", a témoigné son cousin Sébastien au micro de RMC.

Dans un nouveau bilan, la préfecture fait état de cinq blessés graves - dont un nouveau déclaré en état de mort cérébrale - et huit blessés légers. 

Liv Audigane avec AFP