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Attaque à Strasbourg: le tueur a crié "allahou Akbar"

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Au regard du mode opératoire et du fait que le tireur a crié "allahou Akbar" au moment de passer à l'acte, le procureur de la République de Paris confirme l'aspect terroriste de l'attaque de Strasbourg.

Les motivations terroristes du tueur de Strasbourg sont désormais confirmées "au regard du lieu ciblé, du mode opératoire, de son profil". Selon des témoins du parcours meurtrier du suspect, des témoins l'ont entendu crier "allahou Akbar", rapporte le procureur de la République de Paris lors d'une conférence de presse. Une enquête a été ouverte pour "assassinat, tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteur terroriste".

"L’enquête ne fait que débuter, a rappelé Rémy Heitz. Le suspect n’a pas été interpellé."

Mardi, peu avant 20 heures, l'homme a été vu en train de marcher dans la rue. Il est porteur d'une arme à feu à hauteur du 10 rue des Orfèvres, dans l'hypercentre de Strasbourg, avant d'évoluer à proximité: rue des Grandes Arcades, rue du Saumon, rue de la Chandelle, puis la rue Sainte-Hélène, et de rejoindre la rue du pont Saint-Martin. "Il a à plusieurs reprises ouvert le feu avec une arme de poing et utilisé un couteau. Faisant face à 4 militaires de l'opération Sentinelle, il a tiré dans leur direction et a essuyé des tirs de ripostes qui l’ont blessé au bras." Deux personnes ont été tuées, une autre est en état de mort cérébrale.

Blessé par les militaires

Le tireur a alors pris la fuite à bord d'un taxi qui l'a déposé après un trajet de 10 minutes. Sans lui donner d'adresse précise, il a guidé le chauffeur de taxi jusqu'au quartier du Neudorf. Ce dernier va toutefois le déposer un peu avant sa destination, prétextant un problème sur son véhicule. "Le chauffeur de taxi a précisé l'avoir vu avec une arme de poing et présentant des blessures, poursuit Rémy Heitz. L'individu, pour justifier ses blessures, a évoqué son passage à l'acte en expliquant avoir tiré sur des militaires et tué 10 personnes." Arrivé sur place, l'assaillant a croisé des fonctionnaires de police. Des coups de feu ont été tirés avant que le suspect ne disparaisse.

Les forces de l'ordre ont rapidement fait le lien avec l'individu chez lequel une perquisition a été réalisée le mardi matin. Dans le cadre d'une enquête menée par les gendarmes de Strasbourg pour des faits de "tentative d'assassinat" et des "violences aggravées", ils se sont rendus au domicile pour interpeller et placer en garde à vue. Si le suspect était absent, ils ont découvert une grenade défensive, une arme 22 long rifle, des munitions, quatre couteaux dont deux de chasse ont été découverts. Mais rien qui ne pourrait le relier à l'Etat islamique.

"De nombreuses investigations pour localiser le fugitif sont en cours, plusieurs perquisitions dans des lieux que celui-ci est susceptible de fréquenter ont été menées", a précisé le procureur de Paris. Quatre proches du mis en cause, dont le père, la mère et deux frères selon nos informations, ont été placés en garde à vue cette nuit.

27 condamnations

Largement connu des services de police, le suspect, âgé de 29 ans, à un casier judiciaire portant 27 condamnations pour des faits de droits communs en France, en Allemagne mais aussi en Suisse. Il a été incarcéré à multiples reprises pour des faits de vols et de violences, principalement. Selon nos informations, il y a 67 mentions au TAJ, traitement des antécédents judiciaires dont la première a été inscrite quand il était âgé de 10 ans. Son parcours, chaotique, semble-t-il, l'a conduit à arrêter ses études assez tôt et a enchaîné les petits boulots. Très provocateur selon les services de police, il a prôné un discours anti-Etat.

Le suspect a été fiché S, et suivi par les services de la DGSI, en 2015, lorsqu'il sort de prison, après un signalement de l'administration pénitentiaire qui évoquait des signes de radicalisation. Quelques mois plus tard, en janvier 2016, il est aussi inscrit au FSPRT, le Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste. Ces derniers mois, il était suivi de près par les services de la DGSI ainsi que son entourage, sans qu'aucun signe n'alerte sur un possible passage à l'acte.

Justine Chevalier