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Garde à vue de Nicolas Sarkozy: "un acharnement", pour la droite

Nicolas Sarkozy part de son domicile parisien pour la brigade financière de Nanterre, au matin de ce 1er juillet.

Nicolas Sarkozy part de son domicile parisien pour la brigade financière de Nanterre, au matin de ce 1er juillet. - -

La classe politique a vivement réagi au placement en garde à vue de Nicolas Sarkozy, un fait inédit pour un ancien président de la République.

Un ancien chef de l'Etat français en garde à vue: la situation de Nicolas Sarkozy depuis mardi matin est totalement inédite. L'ex-président est soupçonné par les enquêteurs d'avoir obtenu grâce à son avocat, Me Thierry Herzog, également en garde à vue, des informations le concernant dans des affaires judiciaires en cours.

Cette mesure décidée par les deux juges d'instruction en charge de l'enquête, Patricia Simon et Claire Thépaut, n'a pas manqué de faire réagir vivement la classe politique. Extraits.

• A droite, la théorie du "complot"

Valérie Debord, déléguée générale adjointe de l'UMP, a défendu avec vigueur Nicolas Sarkozy sur BFMTV, dénonçant un "acharnement". "A chaque fois qu'il évoque son éventuel retour aux affaires, étonnamment, il est inquiété par une affaire de justice qui immédiatement fait pschitt!"

Christian Estrosi, pourtant critique avec le bilan politique de son "ami" il y a quelques jours, s'est lui aussi fendu d'un tweet assassin:

Je pense à mon ami @NicolasSarkozy ! Jamais on aura affublé un ancien président d'un tel traitement, d'un tel déferlement de haine. #justice
— Christian Estrosi (@cestrosi) 1 Juillet 2014

Georges Fenech, député UMP et ancien juge d'instruction, s'est lui montré plus mesuré. Sur i>Télé, il a estimé qu'il fallait "crever l'abcès". "On est dans un cadre normal de procédure, il ne faut pas en tirer d'autres conclusions". "Le trafic d'influence est une infraction rare et très difficile à tenir, je reste tout à fait confiant sur l'issue de cette procédure, mais il fallait en passer par là", estime-t-il.

• A gauche, la satisfaction discrète.

Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, a commenté à chaud sur i>Télé l'information, quelques secondes après sa diffusion. "Il est un justiciable comme les autres. On doit y voir clair. Ceux qui font ça [accuser la justice d'une instrumentalisation politique pour nuire à Nicolas Sarkozy, ndlr] veulent essayer de donner l'impression que c'est ailleurs que ça se passe."

François Rebsamen, le ministre du Travail, a observé sur France Culture qu'avec l'ancien président de la République, "on est habitué à l'inédit." "Il y a une action judiciaire, j'attends d'en voir les conclusions, mais disons que la période a été marquée quand même en matière de dépenses financières, de non respect des règles, par des excès qui se retrouvent aujourd'hui devant la justice", a-t-il ajouté.

Julien Dray, vice-président socialiste de la région Ile-de-France veut "laisser la justice faire son travail". "Le fait d'être entendu n'est pas une preuve de culpabilité, c'est pour lui l'occasion de s'expliquer sur le fond du dossier."

Quant à Cécile Duflot, ancienne ministre du Logement, un seul mot lui est venu à l'esprit pour qualifier cette nouvelle:

Vertigineux qd on y réfléchit RT @jul_mm: Nicolas Sarkozy vient d'être placé en garde à vue dans une affaire de trafic d'influence présumé.
— Cécile Duflot (@CecileDuflot) 1 Juillet 2014
Alexandra Gonzalez avec AFP