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Pass vaccinal: échange tendu entre un député LaREM et la vice-présidente LR de l'Assemblée après le couac du débat

La députée LR du Doubs, qui présidait la séance à l'Assemblée nationale lundi après-midi, et le député LaREM du Rhône réagissaient ce mardi sur BFMTV à la suspension de l'examen du projet de loi lundi soir, contre l'avis du gouvernement.

Avantage pour les oppositions, revers pour la majorité et l'exécutif. Les députés Les Républicains, de La France insoumise, du Rassemblement national et du Parti socialiste ont voté lundi soir une suspension de séance, lors de l'examen du projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal, alors que le gouvernement, par la voix d'Olivier Véran, demandait une prolongation des débats au-delà de minuit. Inférieurs en nombre lors de la séance, les députés de la majorité ne pouvaient l'emporter.

"C'était infaisable, même en prolongeant jusqu'à 9 heures du matin", a estimé ce mardi sur BFMTV Annie Genevard, vice-présidente LR de l'Assemblée nationale qui dirigeait la séance concernée.

"Ce texte comportait plus de 600 amendements, hier soir à minuit il en restait 515", a développé la députée du Doubs, évoquant une moyenne de 25 amendements discutés par heure. "Je pense que l'erreur initiale vient du fait qu'il n'était pas possible d'examiner plus de 600 amendements en deux séances", a-t-elle ajouté.

Comptage "ubuesque" pour LaREM

Une vision à laquelle le député LaREM Bruno Bonnell ne souscrit pas, qui a donné lieu à une vive passe d'armes en direct sur BFMTV.

"La mienne, c'est que juste avant minuit, on a une suspension de séance. Avant cette suspension de séance, les bancs LR, et les bancs PS sont vides et puis soudainement, au moment où la vice-présidente appelle un vote, (...) on arrive et on lève la main", a taclé l'élu du Rhône, dénonçant un comptage "ubuesque".

Des critiques qualifiées de "parfaitement scandaleuses" par Annie Genevard, indiquant que "le comptage a été effectué doublement, à la fois par (elle) et par les services".

"Vous jetez le soupçon sur l'impartialité de la présidence, c'est inacceptable et vous aurez à en répondre", a cinglé l'élue du Doubs, déclarant qu'elle allait "consulter les textes pour voir si ce genre de propos mérit(ait) une suite".

"Ce n'est pas une manoeuvre"

"Je pense qu'une majorité de notre groupe votera ce texte (...). Ce n'est pas une manoeuvre", a-t-elle poursuivi, avant de lancer: "Ne faites pas de mauvais procès pour cacher votre difficulté."

Au sein du gouvernement, le couac survenu au Palais-Bourbon a laissé ce mardi un goût amer. Sur France Inter, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a ainsi fustigé les députés de l'opposition, jugeant avoir vu "une forme d'amicale de l'irresponsabilité se constituer avec les députés de La France insoumise, du Rassemblement national et les députés LR, pour faire un coup de procédure, pour essayer de faire dérailler le calendrier de l'adoption du pass vaccinal".

Sur BFMTV, la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, Amélie de Montchalin, a quant à elle dénoncé "une manoeuvre navrante", tout en faisant valoir que le pass vaccinal serait appliqué "le plus tôt possible".

"Ils ont été imprévoyants, ils n'ont pas suffisamment préparé les choses. Ils auraient dû voir que 600 amendements en si peu de temps, c'était injouable", a admonesté en retour Annie Genevard.
Clarisse Martin Journaliste BFMTV