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La loi contre les "fake news" voulue par l'exécutif inquiète Marine Le Pen

Marine Le Pen le 8 décembre 2017 au QG du FN à Nanterre.

Marine Le Pen le 8 décembre 2017 au QG du FN à Nanterre. - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La présidente du Front national a dénoncé un "contrôle de la parole libre sur internet".

Lors de ses voeux à la presse mercredi, Emmanuel Macron a dit sa volonté de créer une loi qui pénalise les "fake news" sur internet en période électorale. Comme aux Etats-Unis avant l'élection de Donald Trump et la défaite d'Hillary Clinton, de fausses informations ont circulé en France pendant la campagne présidentielle, ciblant notamment le candidat Macron. Les contours d'une telle loi restent encore flous, le président ayant précisé que son contenu serait détaillé "dans les semaines qui viennent". Mais la perspective de ce texte inquiète déjà une partie de ses opposants, en particulier au Front national.

Sur Twitter, Marine Le Pen a dénoncé dans la foulée un "contrôle de la parole libre sur internet" et une "judiciarisation de la société".

"La France est-elle toujours une démocratie si elle muselle ses citoyens? Très inquiétant!", a écrit la présidente du FN. "Qui va décider si une information est fausse? Des juges du Syndicat de la magistrature? Le gouvernement?", a ajouté la députée. 

Quand Marine Le Pen relayait des rumeurs

Pendant son discours mercredi, Emmanuel Macron a fait une référence à peine voilée à RT et Sputnik, deux médias russes proches du Kremlin et implantés en France. Tous deux ont été accusés par le président de s'être comportés en "organes d'influence et de propagande mensongère" pendant la campagne.

Parmi les rumeurs lancées contre lui, certaines avaient été relayées en ligne par des partisans du Front national, et l'une en particulier par Marine Le Pen lors du débat d'entre deux tours.

"J'espère qu'on n'apprendra pas que vous avez un compte offshore aux Bahamas", avait lancé la candidate, l'air de rien. 

Un supposé compte offshore aux Bahamas

Cette phrase reprenait précisément une "fausse nouvelle" diffusée sur internet. Accusé de détenir un compte offshore aux Bahamas, le futur président de la République avait finalement décidé de porter plainte contre X pour "faux, usage de faux et propagation de fausse nouvelle", conduisant le parquet à ouvrir une enquête.

"C’est typique des fake news. Marine Le Pen lance cela, elle a derrière des troupes sur internet qui mettent ça en place. Ça a été organisé avec ses alliés (...) Tout ça est factuellement faux", avait dénoncé Emmanuel Macron. 

Un décompte effectué par Les Décodeurs du Monde et dont les résultats ont été publiés en mai dernier a montré qu'il avait été le candidat le plus visé par les intox.

Charlie Vandekerkhove