BFMTV

L'ombre de Marion Maréchal-Le Pen gêne Laurent Wauquiez et Marine Le Pen

Marion Maréchal-Le Pen lors d'un meeting le 4 février 2017.

Marion Maréchal-Le Pen lors d'un meeting le 4 février 2017. - JEFF PACHOUD / AFP

Après les propos du président de Sens Commun sur un possible rapprochement avec Marion Maréchal-Le Pen, plusieurs personnalités des Républicains ont annulé leur venue à l'université de rentrée de l'émanation politique de La Manif pour tous. Poussant finalement Sens commun à annuler ce rendez-vous.

Elle ne fait plus de politique, mais semble depuis quelques jours en mesure de faire et défaire la politique, à droite de l'échiquier. Alors qu'elle est retirée de la vie politique depuis plusieurs mois, le nom de Marion Maréchal-Le Pen est sur de nombreuses lèvres. L'ex-députée frontiste du Vaucluse n'a jamais caché ses affinités avec des personnalités telles que Philippe de Villiers, Patrick Buisson et Laurent Wauquiez. Avec ce dernier, elle aurait eu "des choses à dire et à faire", comme elle l'affirmait après son départ au mois de mai, dans Valeurs actuelles. Six mois plus tard, alors que Les Républicains sont en ordre de bataille pour élire leur président, la nièce de Marine Le Pen se révèle être une variable d'ajustement.

"C'est la fameuse présence de l'absence", explique Arnaud Stephan, son ancien conseiller en communication, contacté par BFMTV.com. "Il y a un manque, cela arrangerait tout le monde qu'elle soit dans le circuit", estime le marioniste. 

Wauquiez gêné aux entournures

Absente de la scène politique, Marion Maréchal-Le Pen se retrouve en effet au cœur d'un feuilleton qui a provoqué l'annulation de l'université d'été de Sens Commun. Tout a commencé par une interview de Christophe Billan, président de l'émanation politique de La Manif pour tous à L'Incorrect, le magazine "de toutes les droites". Dans cet entretien, il se dit prêt à une "plateforme" politique avec la benjamine du clan Le Pen. 

"Si Marion Maréchal-Le Pen vient demain avec ses idées rejoindre une plateforme, cela ne me posera aucun problème. Mais si elle est plus Le Pen que Marion, j'aurai un souci", explique Christophe Billan. 

"Nous avons parlé avec Marion Maréchal-Le Pen et nous l'avons assumé", rappelle-t-il aussi, alors que la porte-parole de Sens Commun, Madeleine de Jessey, et Marion Maréchal-Le Pen avaient discuté dans un numéro de l'hebdomadaire Famille Chrétienne en mai. Dans le contexte actuel, cet aveu de proximité gêne Laurent Wauquiez aux entournures, puisque le candidat à la présidence, qui fait office de favori, promet de rassembler le parti de la droite traditionnelle.

"Si je suis élu, notre ligne sera très claire: il n'y a aucune alliance avec des élus du Front national et tous ceux qui ne partagent pas cette ligne ne feront pas partie de mon équipe", a-t-il réagi sur RTL.

"Il parlait de quelqu'un qui ne fait plus de politique"

Sens Commun, placé sous les projecteurs pendant la campagne de François Fillon, est toujours dans le giron des Républicains. Laurent Wauquiez, comme Bruno Retailleau et Daniel Fasquelle, ont donc suspendu leur participation à son université de rentrée, forçant Sens Commun à annuler tout bonnement le rendez-vous consacré à la "France silencieuse". Un choix d'expression prémonitoire. 

Chargé de la communication de L'Incorrect et reporter pour le magazine, Arnaud Stephan affirme que le journal n'a jamais tenté de "piéger" Christophe Billan avec cet entretien. "Il parlait de quelqu'un qui ne fait plus de politique, qui n'est plus élu, pas de quelqu'un qui fait partie du FN", ajoute l'ancien conseiller.

"Nous on est passés à autre chose, on n'y peut rien", explique-t-il au nom des partisans de l'ancienne députée Marion Maréchal-Le Pen, qu'il décrit comme complètement étrangère à son actuelle popularité. 

"Cela montre qu'elle avait un positionnement efficient, une offre politique qui comptait", poursuit-il, évoquant un "rendez-vous manqué" de certains acteurs politiques avec Marion Maréchal-Le Pen, du temps où elle faisait encore de la politique. 

"Si elle veut revenir, cela se fera"

Cette aura fait aussi de l'ombre à Marine Le Pen, qui est quant à elle la grande absente de ces discussions avec la droite. La présidente du Front national, actuellement en tournée dans toute la France, a été ovationnée à Carpentras dans le Vaucluse, l'ancien fief de sa nièce, quand elle a affirmé qu'elle reviendrait sans doute sur le devant de la scène.

"Est-ce qu'elle reviendra? Ma conviction intime, c'est qu'on ne peut pas quitter la politique quand on a pris le virus ", a-t-elle confié à huis clos, comme le rapporte Valeurs actuelles. 

La question de son retour est toujours posée à tour de bras, chacun y allant de sa conviction. "Je crois que Marion Maréchal-Le Pen n'est plus dans la course, elle a d'autres choses en tête", a affirmé ce jeudi Robert Ménard sur LCI.

"Elle a 27 ans, si elle veut revenir, cela se fera", estime pour sa part Arnaud Stephan. 

Charlie Vandekerkhove