BFMTV

François Fillon: trois juppéistes se retirent de son équipe de campagne

Penelope et François Fillon lors du meeting du candidat LR à la présidentielle, dimanche 29 janvier

Penelope et François Fillon lors du meeting du candidat LR à la présidentielle, dimanche 29 janvier - Eric FEFERBERG / AFP

Ils sont nombreux, parmi les élus proches d'Alain Juppé, à quitter les rangs de la campagne de François Fillon, où certains occupaient des postes clés. Ils appellent les maires et élus locaux à consacrer leurs parrainages à Alain Juppé, sans attendre qu'Alain Juppé adopte une position.

Trois parlementaires proches d'Alain Juppé, Benoist Apparu, Edouard Philippe et Christophe Béchu, se sont retirés de la campagne de François Fillon (LR), qui prend une "tournure incompatible" avec leur "façon d'envisager l'engagement politique", ont-ils annoncé ce jeudi dans un communiqué commun. 

Une affaire de principe

C'est en effet une affaire de principe pour ces trois élus:

"Dans l’exercice de nos mandats de maire, nous œuvrons tous les jours pour convaincre nos concitoyens de la nécessité de respecter nos institutions, et nous nous employons à construire dans le temps, en respectant nos engagements, une crédibilité et une confiance sans lesquelles il ne peut y avoir de gouvernement efficace et durable", ont-il déclaré. 

Ils poursuivent: "Ne pouvant plus soutenir le candidat, nous nous retirons de sa campagne. Nous continuerons à nous battre pour nos idées en appelant chacun à ses responsabilités", ont-ils écrit alors que les spéculations sur une alternative à la candidature de François Fillon ressurgissent. 

Un appel aux maires sans tarder

Leur cas n'est pas isolé. Loin de là. Au fil de l'après-midi, le goutte-à-goutte des défections de juppéistes s'est poursuivi. Ainsi, sur Twitter, le conseiller politique Gilles Boyer, membre du premier cercle des amis du maire de Bordeaux, a signalé qu'il n'exercerait plus ses fonctions, capitales, dans l'équipe de François Fillon: "J'ai présenté aujourd'hui ma démission du poste de trésorier de la campagne présidentielle de François Fillon."

Tous liés à une même sensibilité au sein des "Républicains", ils poussent en faveur d'une candidature du maire de Bordeaux. Le sénateur de l'Hérault, Jean-Pierre Grand, a appelé sur notre antenne les maires et élus locaux à consacrer leurs parrainages à Alain Juppé, sans attendre que celui-ci rompe le silence:

"Imaginez que François Fillon, dans quelques jours, ne puissent vraiment plus se présenter car la situation a empiré, si monsieur Juppé n’a pas ses 500 signatures, on n’a plus de candidats ! On aura un candidat qui est dans une situation qu’on ne pouvait pas imaginer. Et puis, pas de solution de rechange. Il est indispensable que les maires de France qui veulent une alternance envoient au Conseil constitutionnel leur parrainage avec le nom d’Alain Juppé."

Une déclaration entendue et reprise par des maires

D'après, Philippe Gosselin, député élu dans la Manche, cet appel est entendu: "On a déjà un certain nombre de parrainages (pour Alain Juppé) acheminés. Tout le monde voit bien que le véhicule est en train de se diriger dans un virage et qu’il risque la sortie de route. Mais pour autant, il faut un pilote de rechange", a-t-il glissé reprenant une métaphore qu'affectionne François Fillon, grand amateur de courses automobiles. "Il faut les conditions du changement. Et tout ça ne me semble pas encore à ce stade réuni. Il ne suffit plus de se retirer de la campagne. Il faut savoir pour qui on fait campagne. Il n’est pas question un seul instant de passer chez Macron ou je ne sais qui", a ajouté Philippe Gosselin. 

De manière concomittante, des maires et élus ont lancé un appel cherchant à rappeler à François Fillon la nécessité de "tenir ses promesses". "Il a dit les yeux dans les yeux aux Français qu'en cas de mise en examen, il démissionnerait. Nous lui rappelons cette promesse, à lui de prendre ses responsabilités", a observé l'un des signataires, Jean Rottner, maire de Mulhouse, sur notre chaîne. Ils sont, pour le moment, 21 à souscrire à ce texte.

R.V. et G.D. avec AFP