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Entre Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, "it’s complicated"

Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon en septebre 2013, lors de la fête de l'Humanité.

Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon en septebre 2013, lors de la fête de l'Humanité. - -

Les représentants des deux principales composantes du Front de gauche ont tenté de se rabibocher vendredi. Mais il n'y a pas eu de chaleureuse poignée de main à la sortie…

Ils s’aiment encore… un peu. Vendredi, l’heure était à la tentative de réconciliation entre Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, et Pierre Laurent, secrétaire général du Parti communiste. Tous deux sont en froid depuis le mois d'août dernier, et admettent que leur formation commune, le Front de gauche est "très mal en point".

En cause, les élections municipales: Jean-Luc Mélenchon n’accepte pas l’alliance des communistes avec le Parti socialiste dans de nombreuses communes, dont Paris, pour les élections municipales. Et refuse l’utilisation du logo "Front de gauche" sur les affiches de ces derniers…

Après une réunion de plus de trois heures, les deux camps se sont donc séparés sur ce qui ressemble à un statut quo. "La crise qu'on a traversée est derrière nous, mais tout n'est pas réglé", a déclaré Pierre Laurent, secrétaire national du PCF à la sortie de la réunion. Preuve que l’ambiance n’est pas aux preuves d'amitié, Jean-Luc Mélenchon a quitté la réunion au bout de deux heures parce qu’il avait "un déjeuner", selon son entourage - "rien à voir avec la politique", a assuré de son côté Pierre Laurent. Pas de poignée de main devant les caméras, donc.

Une crise surmontée ou surmontable?

Et les deux camps d'user d'un vocabulaire froid, voire gêné, pour décrire l'ambiance du moment. "La crise n’est pas surmontée, mais elle est surmontable", a expliqué de son côté le secrétaire national du Parti de gauche, Eric Coquerel.

Si le Parti de gauche et le Parti communiste sont tombés d’accord sur leur opposition à la politique de François Hollande, la question de l'utilisation du logo Front de gauche pour les listes PC-PS aux municipales reste très sensible. ""Il est incroyable d'imaginer qu'un même logo soit utilisé pour deux lignes politiques différentes au premier tour", selon Eric Coquerel.

"Il est incroyable d'imaginer qu'un même logo soit utilisé pour deux lignes politiques différentes au premier tour." @ericcoquerel #PG #FDG
— Parti de Gauche (PG) (@LePG) 17 Janvier 2014

Mais le problème ne se limite pas aux municipales. Furieux de l'alliance PC-PS, le PG de Jean-Luc Mélenchon a claqué la porte du Parti de la gauche européenne, suspendant sa participation "jusqu’aux municipales". Ce n'est donc pas un scrutin qui est en cause, mais deux. Et au-delà, toujours, la survie du Front de gauche.

Ariane Kujawski