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Congrès du PG: Mélenchon se défend de tout antisémitisme envers Moscovici

Jean-Luc Mélenchon lors d'un meeting de campagne, en avril 2012.

Jean-Luc Mélenchon lors d'un meeting de campagne, en avril 2012. - -

Tout le weekend, les partisans du Parti de gauche et du Parti socialiste se sont écharpés par médias et réseaux sociaux interposés. A l'origine: des déclaration de Jean-Luc Mélenchon sur Pierre Moscovici taxées d'antisémites.

Le président du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon s'est trouvé dimanche, à l'issue du 3e congrès du Parti de gauche à Bordeaux, au coeur d'une polémique sur des accusations d'antisémitisme envers son ancien compagnon de lutte du Parti socialiste.

Le feu a pris samedi quand un de ses proches, François Delapierre, a lancé à la tribune que le ministre de l'Economie faisait partie des "17 salopards de l'eurogroupe" qui font pression sur Chypre.

Interrogé par la presse sur ces propos, Jean-Luc Mélenchon avait répondu le même jour que le ministre avait "un comportement de quelqu'un qui ne pense plus en français, qui pense dans la langue de la finance internationale", selon la bande-son de ses propos diffusée dimanche soir sur le site de l'hebdomadaire Politis.

"Vocabulaire des années 30"

Toute la journée de dimanche, un débat a parcouru les réseaux sociaux sur la teneur précise des déclarations de Jean-Luc Mélenchon. Des internautes et des journalistes estiment que la version initialement diffusée par l'AFP ("un comportement de quelqu'un qui ne pense pas français, qui pense finance internationale") prêtait le flanc à l'accusation d'antisémitisme.

Le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, a également demandé samedi au coprésident du Parti de gauche de "retirer" ses propos "inacceptables", et ce "vocabulaire des années 30".

Pierre Moscovici lui-même, qui est d'origine juive, a déclaré dimanche que Jean-Luc Mélenchon "est en train, par détestation de la social-démocratie, par détestation du parti socialiste, de franchir certaines bornes". "Il y a des choses auxquelles on ne touche pas", a dit le ministre lors de l'émission Dimanche+ sur Canal+.

Il a également coupé court aux insinuation de Jean-Luc Mélenchon via Twitter en indiquant seulement "penser français ET en français". 

"J'ignorais sa religion"

"J'ignorais quelle était la religion de Pierre Moscovici et je n'ai pas l'intention d'en tenir compte dans l'avenir, pas davantage que dans le passé", a rétorqué dimanche Jean-Luc Mélenchon lors du meeting de clôture du congrès.

"Mais si un jour parce qu'il est juif", Pierre Moscovici était menacé, "il nous trouverait tous, comme un seul corps, pour le défendre", a-t-il ajouté sous les applaudissements de la salle.

Jean-Luc Mélenchon a également indiqué qu'il avait trouvé les propos du premier secrétaire du PS "très offensants et humainement spécialement blessants de la part de quelqu'un qui a milité avec moi pendant des années". Pour lui, c'est "un coup, une blessure".

"Il flirte avec le dérapage"

Durant la journée de dimanche, les réactions se sont succédées à gauche. Plusieurs ministres socialistes comme Manuel Valls, Arnaud Montebourg ou Nicole Bricq ont condamné les déclarations de Jean-Luc Mélenchon. "Inacceptable et irresponsable", a ainsi dénoncé le ministre de l'Intérieur.

Pour la ministre de l'Environnement, Cécile Duflot (EE-LV), le co-président du PG "n'est pas antisémite", mais "il flirte avec le dérapage à chaque instant, notamment sur les questions de nationalisme".

À droite, Jean-François Copé et Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) ont également fustigé les propos de Jean-Luc Mélenchon sans toutefois accuser explicitement le coprésident du parti de gauche d'antisémitisme.


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