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Affaiblissement des insoumis: la députée Autain pointe la "responsabilité" de Mélenchon

La députée de Seine-Saint-Denis, qui dès le lendemain de la défaite des européennes a exprimé ses désaccords avec la frange populiste du mouvement, estime que LFI a "pêché" dans sa "capacité à fédérer".

"Il faut avoir un regard critique sur les deux dernières années et enfin se parler." Ce mardi, une dizaine de jours après la défaite cuisante de La France insoumise aux élections européennes, la députée Clémentine Autain remet à nouveau en question la ligne adoptée par le mouvement depuis la présidentielle. Et ce alors qu'elle signe, avec sa collègue communiste Elsa Faucillon, un appel au "big bang de la gauche" publié dans les colonnes du Monde

Fustigeant au micro de BFMTV "le bruit et la fureur" comme méthode politique, l'élue de Seine-Saint-Denis estime que Jean-Luc Mélenchon a sa part de "responsabilité" dans les échecs de LFI. 

"Je l'ai dit dans les réunions internes, (...) j'ai dit mes critiques et mes inquiétudes, que je ne savais pas comment se décidait la ligne", s'inquiète-t-elle auprès de notre antenne, une semaine après avoir son interview accordée à L'Obs

"Logique de rupture"

"Il faut comprendre ce qui a fait le succès de Jean-Luc Mélenchon en 2017 et ce qui a érodé le capital. Il a su brillamment fédérer, non pas avec le mot gauche comme étendard, mais en le remplissant", estime celle la porte-parole du parti Ensemble!, affilié à LFI. 

Clémentine Autain réitère que, selon elle, "un tournant a été pris" depuis deux ans, à savoir celui du "eux et nous", le peuple contre les élites, une "logique du clash, de rupture". Elle reproche à son mouvement d'avoir "misé sur le désespoir plus que sur l'espoir, le négatif plutôt que le positif". 

"Nous avons pêché dans notre capacité à fédérer, à rassembler, à comprendre. (...) Le problème est réellement une question de stratégie."

"Il y a un fossé aujourd'hui"

Après les échecs cumulés de la mobilisation contre l'assouplissement du code du travail, contre la réforme de la SNCF, de la tentative de récupération du mouvement des gilets jaunes et, enfin, de la campagne des européennes, Clémentine Autain entend tirer la sonnette d'alarme:

"Si on ne change rien, on ira vers de plus grandes défaites. Il faut savoir ce qui fait nos forces et ce qui fait, là, notre échec. Il y a un fossé aujourd'hui."

Ce fossé, entre la ligne consistant à fédérer la gauche et celle, populiste et souverainiste, visant à fédérer "le peuple", n'a cessé de s'élargir depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron. Il a d'ailleurs mené au départ de certains cadres, élus ou stratèges du parti, comme Djordje Kuzmanovic, François Cocq ou, plus récemment, Andréa Kotarac.

"Ça ne réglerait rien si je partais"

Interrogée sur sa relative absence médiatique durant la dernière campagne, qui a abouti au score de 6,31% pour LFI, Clémentine Autain affirme qu'elle aurait "aimé" être plus présente. "J'étais disponible pour faire des meetings, un choix différent a été fait", glisse-t-elle. 

Et d'assurer qu'elle ne compte pas claquer la porte du mouvement de Jean-Luc Mélenchon:

"Ça ne réglerait rien si je partais. Au sein de LFI il y a des militants qui ont la même lecture politique que moi."

Jules Pecnard et Anne Saurat-Dubois